Cameroun - Bonaberi: Un cadavre gardé six mois à la maison

 Clément Ndalet, 51 ans, a conservé la dépouille de son épouse Clarisse Wandji, décédée le 31 mars.

 Vision d'horreur. Des restes de tresses sur une tête désormais décharnée et blafarde. Sous des draps sales, le squelette se devine. Le corps de Clarisse Wandji, épouse Ndalet, gît là, sur un lit, dans une chambre du domicile familial à Bonabéri, non loin du lieu-dit Carrefour Black Joe — après l'entrée Moore Paragon. Sur les lieux, des gendarmes et des sapeurs-pompiers. Dehors, une foule curieuse et furieuse, dont quelques membres demandent aux pandores de les laisser «toucher un peu» le chef de famille.la decouverte qui vient d'être faite les a plutôt secoués. La femme, née en 1971, était morte depuis le mois de mars, et son corps était conservé dans la concession.

Selon le chef d'escadron Romuald Noah, commandant de la compagnie de gendarmerie de Douala III à Bonabéri, tout part d'une plainte déposée dans ses services en fin de semaine dernière, par une sœur de la défunte: elle était sans nouvelles de Clarisse depuis deux mois. Convoqué à la gendarmerie, le mari déclare qu'elle a voyagé «depuis six mois», pour une destination qu'il prétend ignorer. Il a été déféré mercredi dernier, mais le procureur l'a renvoyé aux pandores, instruisant plus d'investigations. «Quand je lui ai dit qu'on allait fouiller sa maison il a voulu se confesser», ajoute le commandant Noah, qui précise que les enfants affirmaient aussi que leur mère était «partie».

 Hier dans une des chambres, les enquêteurs sont tombés sur les restes de dame Ndalet. Pourquoi avoir gardé la dépouille pendant tout ce temps? Clément Ndalet dit devant quelques journalistes «Je n'ai pas gardé le corps volontairement. C'est le Seigneur qui m'a conduit avant et après son décès». Le quinquagénaire explique qu'après avoir constaté la mort de son épouse, qui était malade (c'est une de ses filles qui l'aidait à se brosser les dents), il a «paniqué», puis il a «prié». «Nous avons continué à vivre ici avec (...) C'était extrêmement difficile au début avec les mouches. Le Seigneur était avec nous», ajoute-t-il. A la question de CT de savoir la raison de cette demande, l'homme répond, avec le même flegme: «Il m'a dit que c'est une épreuve». Une des filles de la défunte, la vingtaine apparemment, soutenait le même discours, tenant serrée une photo de la disparue. De sources concordantes, on apprend que la famille priait pour la guérison de dame Ndalet... Ses restes ont été emportés par les sapeurs-pompiers et le mari emmené par la gendarmerie.

 © Alliance NYOBIA | Cameroon Tribune

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