Cameroun – Baisse du prix du taxi : la subvention ciblée comme solution idoine

Depuis l’annonce de la réduction du prix du carburant par le Président de la République, les associations des consommateurs réclament également la baisse du prix du taxi. Une exigence difficile à résorber d’après le Syndicat des transporteurs urbains et interurbains du Cameroun. Camerpost est allé à sa rencontre ce jeudi 14 janvier 2016.

Les associations des consommateurs réclament également la baisse du prix du taxi. | Illustration/DR

Les associations des consommateurs réclament également la baisse du prix du taxi. | Illustration/DR

On en reparle encore. L’annonce par le Chef de l’Etat, Paul Biya, le 31 décembre 2015 de la baisse de 20 Fcfa sur le Super et de 25 F sur le gasoil continue de faire jaser. Charles Ngah Nforgang, président du Réseau Associatif des Consommateurs de l’Energie (Race) est monté au créneau pour exiger une réduction du prix du taxi. « La nouvelle forte du Président de la République qui a été aussitôt respectée ne pourra véritablement profiter aux Camerounais que si elle est accompagnée de la baisse du prix du taxi », dit-il. « Nous demandons au Chef de l’Etat de ramener le prix du taxi à 200 Fcfa. Les Camerounais ont abondamment souffert d’une hausse injustifiée et continuent de souffrir », ajoute d’un ton dur l’interlocuteur.

 Il estime que voilà plus de deux semaines, les stations-services ont réglé leurs tableaux d’affichages aux nouveaux prix, cependant, les usagers continuent de débourser autant pour les transports qu’avant la baisse. Motif pour lequel, « le Race dit non à cette injustice sociale». Une réaction que n’approuve pas le Syndicat des transporteurs urbains et interurbains du Cameroun.

SONS DISCORDANTS

Edouard Yetchang, SG du Syndicat des transports urbains et interurbains du Cameroun | © CAMERPOST/LM

Edouard Yetchang, SG du Syndicat des transports urbains et interurbains du Cameroun | © CAMERPOST/LM

Egalement interrogé par Camerpost ce jeudi 14 janvier 2016, Edouard Yetchang, le secrétaire général clarifie : « le Race est en retard sur les événements. La baisse de 20 Fcfa sur le litre du super  tout comme de 25 Fcfa sur le gasoil, aligne le prix à la pompe sur le prix du baril du marché international ». Le syndicaliste précise que le Ministre des finances lors de la séance des questions orales à l’Assemblée nationale avait annoncé la fin de la subvention sur les carburants. Et donc, selon lui, le Président de la République n’a fait que confirmer cela. « Est-ce que les 20 et 25 Fcfa de baisse permettraient de revoir le prix de transport ? Je dis non. En matière de privilège, quand on en a obtenu, on ne lâche pas », soutient Edouard Yetchang.

Ce dernier poursuit en expliquant que les 50 Fcfa qui avaient été par le passé augmentés étaient à tort. « Il fallait une augmentation de 15 Fcfa seulement par rapport à la hausse qui avait eu pour qu’en fin de journée le transporteur soit  au même niveau de recettes ; c’était 15 ou 25 Fcfa car 15 francs posaient un problème de monnaie. Mais, les décideurs sont allés à 50 Fcfa et donc vous comprendrez qu’avec 20 et 25 francs aujourd’hui, ça fait pour 10 litres 200 Fcfa ou 250 Fcfa et pour 20 litres 500 francs. On baisserait le transport à quelle proportion ? »

PROPOSITION D’UNE SOLUTION

Charles Ngah Nforgang, président du Race | DR

Charles Ngah Nforgang, président du Race | DR

De l’avis du Secrétaire général du Syndicat des transporteurs urbains et interurbains du Cameroun, pour qu’il y ait baisse du prix du transport,  il faut d’autres mesures. « Notamment la subvention ciblée. En Côte d’Ivoire, un pays dont l’économie est sensiblement au même niveau que le nôtre, même quand le carburant coûtait 825 Fcfa le litre, le transport Abidjan- Bouake (340 km) était 1700 Fcfa », souligne-t-il. Et d’enchaîner : « ça veut dire qu’il y a une subvention ciblée. Les économistes au ministère des finances doivent réfléchir sur ce type de subvention ciblée en suivant le cheminement du gaz. Si l’Etat entre dans cette logique-là, il sera capable d’indiquer un prix applicable à tout le monde ».

Sa position est claire : la mesure présidentielle participe d’un gros effort déployé, puisque, il y a dix ans, 20 francs de baisse représentaient 5 milliards de Fcfa le mois. « Avec l’accroissement du parc automobile, aujourd’hui, 20 à 25 F de réduction, est un manque à gagner de 80 milliards ou plus dans les caisses du trésor public », argue le SG. Il mentionne que le prix du taxi pourrait aussi baisser si on arrive à subventionner les pneus et autres pièces de rechange y compris l’huile de moteur : « Cela irait dans le sens de protéger l’investissement et de mettre les transporteurs à l’abri des coups durs. Voilà où il faut injecter de l’argent qui permettrait de baisser le prix du taxi ».

© CAMERPOST par Linda Mbiapa

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