Cameroun - Assemblée nationale: Paul Biya confirme le vide institutionnel

A l’occasion du départ du président pour une visite privée en Europe, le protocole d’Etat n’a convié ni le président de l’Assemblée nationale (Pan), ni aucun autre membre du bureau de la chambre parmi les corps constitués.

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C’est la dimension protocolaire qui vient donner une réponse définitive à la question sur le vide institutionnel avéré ou pas, causé par la fin des mandats des députés et soulevée par Le Messager. Car depuis l’ouverture de ce débat, aucun officiel ne s’était encore exprimé sur cette question qui a agité la classe politique. A l’inverse, quelques relais du pouvoir de Yaoundé ont pris sur eux de relativiser la fin des mandats des députés ou en tout cas, d’annoncer que l’activité parlementaire se faisait de façon ordinaire, malgré la fin des mandats des députés. Mais hier, 5 août 2013, le protocole d’Etat en a administré la preuve du contraire. Car parmi les personnalités faisant partie des corps constitués nationaux invités à venir accueillir le président de la République à sa descente de voiture à l’arrivée à l’aéroport international de Nsimalen, ne figurait pas Cavaye Yéguié Djibril, le dernier Pan élu. Et encore moins le premier vice-président, Hilarion Etong ou les autres membres du bureau.

Si au niveau du secrétariat général de la chambre basse du parlement camerounais, on explique cette absence par le déploiement organisé par les membres du bureau de la dernière mandature sur le terrain électoral, Le Messager a appris de sources proches du chef du protocole d’Etat, que ces personnalités n’ont pas été invitées pour la cérémonie d’au revoir au chef de l’Etat parce que leur mandat est échu depuis le 23 juillet dernier. Ce qui confirme qu’au sommet on a pris acte de l’absence de l’Assemblée nationale au Cameroun. Seule la présence, du deuxième vice-président du Sénat a été notée à l’aéroport de Nsimalen hier, Aliou Adji contrairement au dernier passage du président à cet aéroport, a représenté, tout seul, le parlement camerounais.

A pareille circonstance en début juin, c’est le doyen d’âge du Sénat, Chief Mukété et le président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yéguié Djibril qui représentaient le grand ensemble que constitue le parlement camerounais parmi les corps constitués nationaux. Preuve que le protocole d’Etat intègre, dans le dispositif protocolaire, la présence simultanée des représentants des deux chambres du parlement au cours de pareil évènement. Le pouvoir de Yaoundé vient ainsi de confirmer un vide institutionnel qui ne sera comblé que vers début novembre avec l’ouverture de la séance de plein droit de la 9e législature de l’Assemblée nationale dont les membres seront élus le 30 septembre prochain.

En outre, dans les allées du pouvoir à Yaoundé, on souligne dans le chapitre concernant la fin des mandats que le grand public doit également intégrer que depuis le 23 juillet à minuit, l’immunité parlementaire dont jouissaient les députés de la 8e législature est également tombée. Les députés élus en juillet 2007 sont désormais des justiciables ordinaires. Ceci vient s’ajouter à la mise en berne des drapeaux devant le palais de verres de Ngoa-Ekellé. Au moment où nous allions sous presses hier lundi 5 août 2013, nous avons appris des sources dignes de foi que le chef de l’Etat et sa suite ont mis le cap sur l’Allemagne. Toutes choses confirmées par la présence du chargé d’affaire à l’ambassade d’Allemagne à Yaoundé au bas de la passerelle hier à l’aéroport international de Nsimalen.

© Rodrigue N. TONGUE | Le Messager

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