Cameroun,Assassinat d’Eric Lembembe:Issa Tchiroma esquive la presse

Contrairement à ses habitudes, le ministre de la communication a refusé de répondre aux questions des journalistes à l’issue de son point de presse vendredi dernier sur l’assassinat du journaliste et activiste homosexuel, Eric Lembembe.

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La sortie du ministre de la communication, Issa Tchiroma Bakary vendredi dernier surpris les femmes et hommes de médias présents. Prolixe d'habitude, il a esquivé la presse en refusant toutes les questions des Journalistes. Il a développé comme argumentaire le fait que la procédure est en cours. « Les autorités de notre pays se sont saisies du dossier, et je ne veux faire aucun commentaire » a précisé le ministre. Il nous revient que lors des affaires Bibi Ngota, Enoh Meyomesse, bébé volé de Vanessa Tchatchou, il ne s'est pas entouré d'autant de précautions.

Dans le premier cas cité, lors de sa sortie médiatique, le ministre de la communication avait affirmé sans coup férir devant les hommes et femmes de médias que Bibi Ngota n’était pas allé en prison (simplement) parce qu’il avait écrit quelque chose dans la presse. Il y était allé selon lui, parce qu’il avait fait usage d’un faux document, pour extorquer de l’argent à une personnalité. "Ce n’était donc pas un journaliste qui était mort" avait il affirmé ; Pour Issa Tchiroma c'était un Camerounais qui avait fait du faux, et il se trouvait malheureusement que ce Camerounais avait pour métier le journalisme.

Et au surplus, il ne s'était pas embarrassé de dire que Bibi Ngota était mort de suite de VIH. En violant le secret médical. Dans le cas Enoh Meyomesse, il était beaucoup plus dur et sec : « Ce monsieur a commandité un braquage à l’occasion duquel on a arraché un kilogramme d’or dans l’Est. Il est parti à Singapour. Eh bien, à son arrivée, on a mis la main dessus. Et puis voilà ! ». Bref que c'était un bandit de grand chemin. Pour l'affaire Vanessa Tchatchou dont on voit aujourd'hui l'aboutissement judiciaire, avec à la clé la condamnation de Vincent Sosthène Fouda, notre ministre, fidèle à sa logique, a été encore beaucoup plus glacial et brutal. Sous un air faussement " suffisamment sérieux" en affirmant que le bébé de Vanessa Tchatchou était mort et enterré à Nkoteng. Qu’est ce qui explique donc qu'il ait décidé de changer de méthode?

En refusant de répondre aux questions des Journalistes sur le cas du journaliste et activiste Homosexuel Eric Lembembé? Les sorties de Tchiroma n'arrangent pas toujours le régime de Biya. Elles l'embarrassent même. Il est arrivé que le cabinet Civil et le premier ministère lui demandent de faire moins de sorties médiatiques publiques, au cours desquelles, il multiplierait des « gaffes ». Que pensez du silence "coupable" d'une grande partie des quotidiens sur ce sujet? Était-il un inconnu? Un imposteur comme notre république en regorge tant? Le problème n'est pas là. Homosexuel ou non, Eric Lembembe était un homme.

Un camerounais dont l’Etat, par son bras séculier le gouvernement, devait entretenir la sécurité de la personne et des biens telle que prescrite notre constitution. Il a trouvé la mort par "assassinat" c'est-à-dire par meurtre avec préméditation. L’enquête diligentée, semble pour l’instant bâclée aucun indice et aucune photo n’ont été prises sur le site du drame selon, sa famille et les associations de défense des droits des minorités homosexuelles qui ont écrit au chef de l’Etat pour se plaindre des menaces qui pèsent sur leurs membres. Il s’agit donc de manquements graves face auxquelles le Ministre de la Communication refuse de donner des éclaircissements. A cela il débite des phrases du genre, « la conspiration des médias internationaux contre le Cameroun est en marche».

© Camer.be : Yannick Ebosse

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