Cameroun : Après la défaite, Paul Biya va-t-il faire de Fru Ndi un sénateur par décret ?

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Il est environ 10h hier, dimanche, au centre de vote unique des élections sénatoriales du lycée Bilingue de Bamendakwe par Bamenda département de la Mezam.

Fru Ndi, tête de liste Sdf, vient d’y faire un tour. Approché par les journalistes, le leader du Sdf lâche sans ambages alors que le scrutin se poursuit que « le résultat est connu ». Sur insistance des journalistes, il n’ajoute plus un seul mot comme pour laisser la latitude aux hommes et femmes de médias de faire leur commentaire de ce bout de phrase. A l’observation, le leader du Sdf est confiant quant à l’éventualité de la victoire de sa liste. Achidi Achu pour sa part, tête de liste Rdpc est optimiste « quand on va aux élections, c’est pour gagner ». « Mais si je perds, il n’y a pas de problème » relativise le théoricien de « Politic Na Njangui ».

Passé cet instant, le préfet Felix Nguelé Nguelé de la Mezam, débarque sur les lieux autour de 10h40mn. Il enjoint aux conseillers municipaux qui ont déjà rempli leur devoir de partir. Que Nenni, rétorquent certains parmi eux : « nous avons voté certes, mais nous sommes là pour protéger nos votes ». Le départemental d’Elecam prend langue avec le préfet et demande à ceux qui ont déjà voté de « se mettre au moins hors du portail du lycée ».

Peine perdue car un autre conseiller lancera « nous ne partirons d’ici qu’après le dépouillement ». Néanmoins les maires de Bamenda II et III, consentent avec les autres conseillers de déguerpir la véranda des quatre bureaux de vote pour la cour du lycée, d’où ils observent la suite du déroulement du scrutin. A 11h30mn, les grands électeurs ont déjà voté à 100% dans trois des quatre bureaux de vote. Un seul manque à l’appel au bureau de vote « D ». Pour Limuna Christophe, président de ce bureau de vote « même si tous votaient, nous allons attendre 18h pour procéder au dépouillement comme le prévoit la loi ».

A Mbengwi dans le département de la Momo, les choses sont allées plus vite. Et à 13h09mn, Tangiri Cletus, membre d’Elecam et les autres membres de la commission de supervision décident de procéder au dépouillement car tous les 127 électeurs ont déjà voté. On apprend de source sécuritaire que l’ordre du dépouillement avant 18h a été donné par le président du Conseil électoral. Approché par Le Messager l’honorable Joseph Mbah Ndam nuance, « la loi parle de 18h, mais si à un certain moment tous les électeurs ont voté, pourquoi attendre 18h ? » s’interroge-t-il et d’ajouter « Ce qui s’est passé à Mbengwi, c’est que tous les électeurs ont voté avant 18h. Mais s’il y a un seul qui n’a pas voté, on est obligé de l’attendre jusqu’à 18h avant de fermer les urnes et procéder au dépouillement ». Il précise « si à une certaine heure tout le monde a voté, on n’est pas obligé d’attendre 18h ». Comme pour confirmer que le dépouillement fait à Mbengwi avant 18h est légal. Dans la Menchum, on n’a pas attendu 18h pour le comptage des votes. Et autour de 14h, le dépouillement était terminé à Wum.

Ailleurs, dans le département du Donga Mantung, un clash verbal a opposé la commission de supervision, les militants du Rdpc et du Sdf sur l’heure du dépouillement. Si la commission de supervision et le Rdpc étaient pour un dépouillement immédiat, le Sdf était contre. Bien que tous les électeurs aient voté avant 13h, c’est finalement à 18h qu’on a procédé au dépouillement. Et selon les premières tendances, le parti de Ni John Fru Ndi a mordu la poussière devant son adversaire avec un écart considérable qui laisse croire que le parti au pouvoir a finalement réussi à faire basculer des conseillers municipaux du Sdf en sa faveur...

© Le Messager : Donat SUFFO

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