Cameroun – Année scolaire 2016/2017 : Pas de rentrée en zone rurale

La rentrée scolaire 2016/2017 est encore lointaine pour Ghislain K. Agé de huit ans et admis au CM1, ce jeune habitant du village Baleng dans la Région de l’Ouest ne songe pas encore à l’école. Le mois de septembre est pourtant entamé. Le petit Ghislains’adonne à l’activité agricole. Nombre d’enfants de l’arrière-pays agissent de la même manière.

Le début des cours est prévu le lundi 5 septembre. Cette mesure n’est valable qu’en zone urbaine. Un ordre différent règne dans les zones rurales.

La date du 5 septembre n’est pas avantageuse pour les populations vivant en zone rurale. Le mois est consacré aux travaux champêtres. Dès la survenue des premières pluies au mois d’aout, nombre d’enfants en âge d’aller à l’école sont mobilisés. Il faut défricher, labourer et ensemencer. Les aires choisies pour les cultures sont très souvent vastes. En Conséquence les travaux durent plusieurs semaines et peuvent s’achever au mois d’octobre. Pas de place pour la rentrée scolaire dans les esprits. La rentrée scolaire est effective au mois d’octobre, quatre semaines après la date officielle. Les élèves de l’enseignement primaire, plus jeunes, sont davantage touchés par ce phénomène. Cette situation est fréquente dans la Région de l’Ouest et dans le Grand Nord.

Dans la Région de l’Ouest la période est également propice au commerce et à l’inflation. Les prix des denrées vont parfois du simple au triple. La demande en faveur de produits tels que le haricot ou les arachides est exacerbée. Le prix du seau (15 litres, ndlr) de haricot par exemple est compris entre 15 000 et 18 000 Cfa. En période normale la même quantité est souvent proposée à 5000 Cfa. Les stocks écoulés sur les marchés ont en fait été produits à la même période, une année plus tôt. Les récoltes quant à elles sont faites au mois de décembre. Le produit des ventes permet aux parents de s’acquitter des inscriptions et des autres frais exigés par les Etablissements scolaires. Avant la rentrée effective des classes en octobre dans les zones rurales, les effectifs sont très réduits dans les écoles. L’on retrouve parfois deux élèves dans certaines salles de classe.

Le phénomène décrit se reproduit chaque année. Il donne l’impression d’une rentrée scolaire et d’une scolarité à deux tons dans le système éducatif camerounais. Selon Laurent P, Instituteur à la retraite, il faut utiliser divers stratagèmes pour sensibiliser les parents. Il faut parfois faire du porte à porte pour les encourager à envoyer les enfants à l’école. La rentrée scolaire prochaine pourrait ne pas déroger à cette règle.

© CAMERPOST par Olivier Ndema Epo

 

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