Cameroun - AFFAIRE OLANGUENA : J'accuse les inspecteurs du contrôle supérieur de l'Etat

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C'est en ces termes que l'ex-Minsanté s'est défendu hier devant le Tribunal criminel sur le chef de détournement de 80 millions en rapport marché Vision Sarl.

L’ex-ministre de la Santé publique présentait encore, hier mercredi 10 avril 2013, sa version des faits devant la barre du Tribunal criminel spécial (Tcs, relativement au détournement de 80 millions Fcfa en rapport avec un marché de livraison de moustiquaires confié aux Ets Vision Sarl. Prenant la parole pour donner sa version des faits sur le détournement de ladite somme dont l’accuse le ministère public, Olanguena Awono choisira une posture offensive dans sa déposition comme témoin sous serment. D’entrée de jeu, l’ex-Minsanté accuse les inspecteurs d’Etat, membres de la mission de contrôle dépêchée en novembre 2006 au Minsanté, d’avoir tenté de se faire de l’argent sur le dos du ministère de la Santé via cette mission.

«Malgré toutes les dispositions prises par mes collaborateurs en exécution de mes instructions pour assurer la bonne marche de la mission de contrôle, révèle Olanguena, celle-ci s’est illustrée par des méthodes anachroniques d’un autre âge faites de brutalité et d’autoritarisme pour s’imposer. Plus choquant, poursuit-il, elle a commencé à poser des exigences matérielles et financières inappropriées comme pour nous faire savoir que l’objectif non dit de certains d’entre eux était de se faire de l’argent au cours de cette mission. Comme inspecteur, rappelle Olanguena, j’ai dirigé plusieurs missions d’inspection au Cameroun et à l’étranger.

Jamais l’éthique de notre métier, à l’époque, ne permettait de demander de l’argent à la personne ou à la structure vérifiée. C’est pourquoi j’ai été très surpris que le chef de mission M.¨Bayoï me présente une demande d’argent de plus de 27millions Fcfa au titre d’appui à son équipe de mission. Ne comprenant pas cette demande et ne pouvant y satisfaire, explique l’accusé, j’ai néanmoins concédé à appuyer à hauteur de 6,8 millions Fcfa, les investigations provinciales de la mission de contrôle. C’est à partir de ce malentendu financier, conclut-il, que tout a basculé. La mission de contrôle n’a plus caché ses ressentiments ni ses menaces. Elle a pris la résolution de me régler mon compte personnel et d’associer à cette infortune mes ex-jeunes collaborateurs qui sont en prison depuis cinq ans». Et Olanguena de conclure qu’il n’y avait plus, dès lors, d’objectivité, plus de vérification, la mission se contentant de rassembler des ragots et prendre les raccourcis sans fondement.

Désinvolture

Par ailleurs, indique l’accusé, à l’issu de cette mission, «le principe du contradictoire visé à l’article 17 du décret du 5 mars 1997 relatif aux missions mobiles de vérification n’a pas été respecté non plus entièrement, dans ce sens que le chef de mission a eu la désinvolture de refuser de participer à la réunion de restitution que j’avais sollicitée. Cette réunion n’a pas eu lieu». Pour le témoin, la mission du Consupe n’a pas convenablement travaillé du fait de cette rupture de collaboration. La preuve, les documents transmis ont été mal exploités quand ils n’ont pas été lus. De même, les recoupements d’informations, selon l’accusé, n’ont pas été effectués, notamment auprès des administrations payeurs. La mission, accuse Olanguena, ne s’est pas rapproché de ceux qui pouvaient lui donner des explications à l’instar du Cabinet Price Water House, le représentant local du Fonds mondial.

D’où, conclut-il, les lacunes du rapport qui a été produit ; un rapport peu informé et truffé de tromperies et des fables qui ont induit l’Etat du Cameroun en erreur. «Voilà, finit-il par lâcher, ce qui nous a amené devant vous.» S’expliquant sur la procédure d’attribution du marché querellé proprement dit, l’accusé reconnait que celle-ci s’est déroulée de manière régulière, selon la procédure de passation des marchés qui inclut l’appel à candidature. Seulement, reconnait-il, e marché qui n’est pas juridiquement fictif en soi, n’a pas été livré. Raison pour laquelle, martèle-t-il, c’est la livraison qui est fictive. Et de pointer un doigt accusateur sur Soué Mbella, propriétaire de la société Vision Sarl, auteur principal, selon lui, de la malversation ; en même qu’il désigne, preuve à l’appui, et le contrôleur financier du Minsanté et le chef de poste de la comptabilité matière du même ministère, ainsi que la paierie générale, comme coauteurs. Suite des débats ce matin.

© Mutations : EVARISTE MENOUNGA

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