Cameroun / Affaire Bibi Ngota : Laurent Esso attendu au Tribunal de grande instance du Mfoundi

L’ancien Secrétaire général de la présidence de la République fait partie des témoins de la défense. La deuxième audience de l’affaire Ministère public contre Etoundi Oyono, accusé de complicité de contrefaçon de marque et d’écriture s’ouvre ce matin devant le Tribunal de grande instance (TGI) du Mfoundi.

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La précédente audience avait été renvoyée pour «communication de la liste des témoins de la défense ». Selon nos informations puisées à bonne source, la liste des témoins de l’accusé Etoundi Oyono est prête. Elle sera communiquée au Tribunal, ainsi qu’à l’accusation à l’audience de ce jour. On y retrouve quatre témoins. Harrys Mintya et Serges Sabouang doivent témoigner à la décharge de l’actuel directeur général du Port autonome de Douala. Ils ne seront pas seuls, puisque la liste comporte deux autres noms: le commandant Bounou et… Laurent Esso.

Le premier officie à la direction générale à la recherche extérieure (DGRE), tandis que le second n’est plus à présenter. Actuellement ministre de la Justice, garde des sceaux, Laurent Esso occupait les fonctions de sSecrétaire général de la présidence de la République au moment des faits. Pourquoi Etoundi Oyono a-t-il cité Laurent Esso comme son témoin alors qu’une certaine opinion évoque une animosité entre les deux hommes? L’ouverture des débats permettra d’en savoir davantage. Lors de la première audience, une question similaire s’était déjà posée. En effet, maître Ndongo, avocat de l’accusé, s’est étonné du fait que le ministère ait cité son client Etoundi Oyono comme témoin à charge.

Le représentant du Ministère public avait répondu: «c’est nous qui savons ce que nous recherchons». Mais, rien n’y a fait. Les questions ont continué à fuser. Comment un accusé peut-il témoigner pour l’accusation, c’està- dire contre lui-même? Que veut entendre le procureur de la bouche d’Etoundi Oyono? Les réponses à ces questions restent attendues; la citation de Laurent Esso ne fait qu’en rajouter. Rappelons que l’affaire Bibi Ngota, qui joue actuellement les prolongations devant le TGI, part d’une vraie fausse correspondance vendue par un certain Kooh Hervé à Harrys Mintya, directeur de publication du journal Le devoir. Il y est fait mention des retro commissions (1,3 milliard F Cfa) à verser par le DG de la Société nationale des hydrocarbures à Dooh Collins, Antoine Bikoro et Dayas Mounoume. La lettre porte une signature qui ressemble à celle de Laurent Esso.

Ce dernier, non moins secrétaire général de la présidence de la République au moment des faits, conteste l’authenticité de la lettre, et donc de sa signature. Les journalistes Serges Sabouang, Harrys Mintya et Bibi Ngota sont arrêtés. Ce dernier passera de vie à trépas à la prison centrale de Yaoundé. L’an dernier, Mintya et Sabouang ont été condamnés avec sursis. Entretemps, Etoundi Oyono, qui avait témoigné dans la précédente procédure, devient accusé. Selon le Ministère public, il a payé une insertion publicitaire dans le journal Le devoir pour la publication d’une fausse lettre incriminant des personnalités de la République.

© L`Actu : Olivier A. Ndenkop

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