Cameroun – Adamaoua : Les preneurs d’otages viennent de la Rca

Des informations fiables disent que ces ravisseurs quittent la Rca pour commettre leurs forfaits au Cameroun.

Les éleveurs de l'Adamaoua sont les plus touchés par le phénomème | Getty Images/ Aldo Pavan

Les éleveurs de l’Adamaoua sont les plus touchés par le phénomème | Getty Images/ Aldo Pavan

Il y a du  nouveau dans ce qui se passe en ce moment dans la région de l’Adamaoua. L’on sait maintenant avec exactitude que les preneurs d’otages viennent de la  République centrafricaine, un Etat en déliquescence avec lequel l’Adamaoua partage une longue frontière.  Selon nos informations recoupées à bonnes sources, ces ravisseurs armés sont basés à moins de deux km du Cameroun. « En face de Ngaoui », précise la source. Ngaoui, est un chef d’arrondissement éponyme situé dans  le Mberé.

Sur leur déploiement,  l’on a appris qu’ils sont un couloir bien connu qu’il emprunte à l’aller comme au retour. « C’est une zone hostile. Ce n’est pas la grande forêt équatoriale, mais c’est une brousse touffue. Alors dès que tu abandonnes un couloir connu de tous, tu risques de te perdre et définitivement » ; souligne une source pour expliquer pourquoi ces bandits sont obligés d’utiliser le même itinéraire.

Nos sources se veulent même précises. « En général, ils ne font pas d’otage à proximité. Ils se contentent d’arracher les vivres. Parce que comme vous le savez, la Rca n’a plus rien. Il n’y a plus à manger. Ils sont obligés de venir se ravitailler au Cameroun », affirment une source.

Les prises d’otages se font donc à l’intérieur du Cameroun. Ils avancent avec sérénité, armes en bandoulière. Ils viennent jusqu’à dans l’arrondissement de Nyambaka. Nous sommes ici dans la Vina, à moins de 100 km de Ngaoundéré, la capitale régionale de l’Adamaoua. C’est ici qu’ils s’en prennent aux éleveurs réclamant des rançons  faramineuses avec des deadline courts.  Ils collectent de millions et rentrent dans leur pays tranquillement.

Ils opèrent au vu et su de tout le monde. Durant leurs déplacements, ils ont toujours aperçus par des bergers, qui ont peur d’avertir les forces de l’ordre sous peine d’être considérés comme des complices. Il faut donc restaurer un climat de confiance entre la population et les services de sécurité.

Certaines sources pensent qu’ils ne rentrent pas comme ils sont venus. « Ils cachent leurs armes. En général, ils font des fosses de telle sorte qu’elles ne s’abiment pas. Ainsi, lorsqu’ils reviennent à la prochaine expédition, ils s’arment. Donc, lorsqu’ils cachent les armes, ils se reconvertissent en réfugiés.  Ils s’installent dans les camps ». Et justement, u n chef traditionnel local soutient que les camps des réfugiés dans le Mberé sont criminogènes.

© CAMERPOST par Ousmane Biri

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