Cameroun – Adamaoua : Comment se débarrasser des preneurs d’otages ?

L’Etat envisage des réponses militaires avec le soutien des populations locales.

Des hélicoptères militaires vont sillonner quelques départements notamment les arrondissements de Belel et une partie du Mayo Rey dans le Nord. | © AFP PHOTO / STEPHANE YAS

 

Les autorités militaires viennent de tenir une réunion à Yaoundé la semaine dernière, à l’effet de trouver une réponse à la situation sécuritaire qui prévaut dans la région de l’Adamaoua. Les services de sécurité ont fait le point, qui donne une idée précise sur les zones affectées, les modes opératoires des preneurs d’otages, leurs cibles et surtout leurs portraits robots. Il a été envisagé de donner une riposte à la dimension de l’instabilité.

Il a été décidé d’envoyer dans l’urgence des renforts. « Il va falloir faire un maillage pour mieux contrôler la région.  Il faut des hommes là il faut. Parce que comme vous le savez, la guerre contre le terrorisme exige des hommes en permanence et en nombre », explique une source militaire. Des éléments du Bir, un corps d’élite, seront déployés dans les départements de la Vina, du Djerem, du Mberé et du Faro et Déo.

Leur travail va consister à faire un ratissage de toutes les zones où les preneurs d’otages mènent des exactions. Des patrouilles seront donc organisées de nuit comme de jour. « En cas de prise d’otage, nos éléments vont tout faire pour libérer les otages sans paiement des rançons. Nous y attèlerons et pour cela, il faut le concours de la population », annonce cette autre source, qui explique que des moyens aériens seront aussi mis à profit. Des hélicoptères militaires vont sillonner quelques départements notamment les arrondissements de Belel et une partie du Mayo Rey dans le Nord. « Ces zones sont hostiles et difficiles d’accès. Il faut donc des moyens aériens pour débusquer ces bandits, les cibles et les frapper si nécessaires ou les capturer ».

Sur le plan local, le gouverneur de la région de l’Adamaoua, Kildadi Boukar, a tenu une réunion avec les autorités militaires, traditionnelles et politiques afin d’arrêter des mesures de lutte contre ce phénomène. Ainsi, il a été décidé de créer des comités des vigilances pour servir de premier rempart. Lesquels comités doivent travailler en synergies avec les forces de l’ordre et de sécurité.  Le gouverneur a demandé à ce que chaque autorité traditionnelle puisse coordonner ces comités de vigilances afin qu’ils puissent avoir du nécessaire pour travailler ; Pour le lamido de Banyo, Mohamadou Gabdo Yahya, les comités de vigilances constituent une recette efficace contre l’insécurité. Il dit l’avoir expérimenté avec le phénomène de coupeurs de route.

Les hommes de Dieu, eux, proposent le retour à l’orthodoxie, à la crainte révérencielle de Dieu. « Il faut être juste. Les éleveurs doivent payer les bergers comme il faut et quand il faut. Ils doivent être bien traités. C’est une question de justice. De même, les riches doivent prélever la Zakakt (impôt légal et quatrième pilier de l’islam) pour donner aux pauvres. C’est une prescription de Dieu. Si on refuse de le faire, il nous abandonne et des petits voyous viennent nous déranger, et nous sommes obligés de payer des millions de rançons », analyse cet imam.

© CAMERPOST par Ousmane Biri

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau