CAMEROUN - 6 NOVEMBRE 1982 – 6 NOVEMBRE 2013 : COMMENT LE RENOUVEAU A FAIT DES ANIMAUX SON MODÈLE DE GOUVERNANCE

epervier070908275.jpgCameroun - 6 NOVEMBRE 1982 – 6 NOVEMBRE 2013 : Comment le Renouveau a fait des animaux son modèle de gouvernance:CameroonPour réaliser certaines missions délicates, la Renouveau a choisi des animaux pour agir en ces lieu et place et réussir là où les humains n’auraient certainement pas réussi. Et la meilleure c’est d’apprécier avec quelle adresse ces gens vont dans la faune « faire le bon choix » et trouver l’animal qu’il faut pour la mission qu’il faut.

Comment l’homme que Dieu a créé pour commander et soumettre toutes les autres créatures peut-il s’identifier à un animal pour penser effectuer avec plus d’efficacité (selon lui) des missions aussi sérieuses? Seul le gouvernement du Renouveau peut en maîtriser ce secret qui l’anime depuis 31 ans.

L’antilope !

Tout avait commencé par l’antilope dans une mission dénommée « Opération antilope », ce pauvre animal que la Renouveau avait choisi pour nettoyer sans état d’âme la fonction publique camerounaise, plantée par le virus de fonctionnaires fictifs, de doubles-salaires, de faux diplômes et d’autres maladies contagieuses et dangereuses qui plaçaient ce département ministériel dans un état de santé délabré. L’instigateur de ce choix, qui a eu cette inspiration d’aller capturer et domestiquer ce gracieux animal, comptait certainement sur son agilité, sa rapidité, et surtout sur son odorat développé, apte à flairer et à détecter les dossiers défectueux. Malheureusement, il avait oublié que ce sympathique être qui fait la joie des carnivores et des mets bien de chez nous, n’avait pas le gabarit nécessaire pour résister aux plus forts, d’ailleurs très nombreux dans un Cameroun corrompu. Par conséquent, il s’est essoufflé et agonise depuis des années dans un coin perdu du ministère de la fonction publique et de la réforme administrative.

Le lion !

Ensuite, ce fut le tour du lion, identifié à Paul Biya, sous la diligence d’un certain Seguela et dont la trouvaille valut des milliards de Cfa pour le bonheur des poches de ce communicateur attitré importé de l’Hexagone pour la cause. La force, l’autorité, le pouvoir, la suprématie, voire l’absolutisme, étaient donc désormais assurés, et l’homme-lion devait naturellement utiliser toutes ces prérogatives pour sévir, voire vaincre sans convaincre, pourvu qu’il règne, avec un incroyable égoïsme. Semblable à une étoile fixe, il devenait ainsi un centre naturel d’attention autour duquel les autres doivent graviter de gré ou de force, invariablement du côté du pouvoir comme de l’opposition, sans oser s’approcher de très près, de peur d’être dévorés. Là encore c’était oubliant que le lion est un animal paresseux qui attend que la femelle chasse pour aller manger. Le reste du temps, il roupille, et ne se bat que quand les lionnes sont face à une proie trop grosse (éléphant, girafe).

L’épervier ! 

 En effet, un homme-lion qui reste silencieux dans son coin n’augure rien de bon; mais, s’il est blessé, il devient dangereux. Surtout lorsque son trône de roi est menacé. Dans le cas du Renouveau, Paul Biya prend toutes les dispositions, et peut même confier cette opération à l’Epervier, un oiseau devenu très célèbre dans notre pays et qui a un appétit particulier pour les détourneurs de fonds publics… Sauf qu’en réalité, lorsqu’on scrute « l’Opération Epervier » de très près, on comprend aussitôt que le choix de ce rapace ne s’est pas fait au hasard. Il s’agit d’un oiseau qui vit dans les airs ; mais dont la particularité est de guetter et de raser le sol, avec une rapidité de rapaces, pour kidnapper les poussins égarés. Jamais ceux protégés par la mère-poule, de peur d’encaisser les coups de bec parfois meurtriers de celle-ci. En tout cas, l’épervier sait qu’il est très dangereux pour lui de s’attaquer à la poule. Son pouvoir est strictement limité aux poussins. Et le fonctionnement que connaît d’ailleurs cette « Opération Epervier » en est une illustration parfaite.

L’Albatros !

Avant l’épervier, c’était le tour de l’Albatros qui fut le nom de baptême du fameux avion présidentiel qui dès son premier vol avait failli coûter la vie à la famille royale. Comme par hasard, dans la littérature, l’Albatros décrit par Baudelaire, est un oiseau qui est majestueux dans le ciel (son élément), mais ridicule sur terre et au contact des hommes. En fait, à force de voler dans les airs sans atterrir, ses ailes avaient fini par être plus longues que ses pattes. Raison pour laquelle il avait des difficultés à marcher sur terre le jour où il s’était posé sur un navire, et faisait ainsi l’objet de moqueries et de la risée des marins qui le trouvaient bizarre et ne comprenaient rien à ce qui lui arrivait. En somme, pour ce qui est de notre l’Albatros présidentiel, il n’est que le reflet de celui de l’écrivain dans une situation inversée. Autant l’Albatros de Baudelaire était habitué au ciel, autant notre Albatros présidentiel était habitué à la terre. C’est donc sans surprise, qu’il a fait l’objet des moqueries et de la risée dans les airs, dès sa première aventure, et la note a failli aller au-delà d’une simple catastrophe.

Le Nnom Gii !

Comme si cela ne suffisait pas, lors du Comice agropastoral d’Ebolowa, les dignitaires de la Région du Sud ont transformé, le Fon des Fon et par ailleurs l’homme-lion en « Nnom Ngii ». Chez les Beti, le terme Nnom(le mâle) Ngii (le vieux gorille) signifie le gros gorille mâle et chef de la meute de gorilles. Le plus curieux, c’est que la coïncidence a bien voulu que du côté la Région de l’Ouest, « Nnom Gui » signifie la panthère en langue locale. Du coup la coupe est pleine, car dans l’un et l’autre cas, il est question pour un homme de prendre la forme de l’animal pour commander les hommes.

Le sphinx !

Pour certains journalistes français, le comportement mystérieux de Paul Biya n’a d’égal que celui d’un sphinx. En effet, il passe pour l’un des plus secrets du continent africain. Enigmatique et imprévisible, il est au pouvoir depuis 31 ans. Ses adversaires le disent usé et de plus en plus coupé des réalités du pays. Mais ceux qui le connaissent ou le combattent disent volontiers du président du Cameroun qu’il est un homme difficile à cerner. A la fois prudent et attentif à ce qui se dit sur lui, patient et fin manœuvrier, Paul Biya est surnommé «l’homme-lion» ou «le sphinx», une sorte de doublure du «Prince» de Machiavel. Prévoyant, pour son goût du secret, Paul Biya, est parvenu à glisser dans le projet de loi un amendement lui accordant l'immunité à l'issue de son mandat, au cas où il devait ne pas se représenter. Pour le faire, il fallait vraiment être un sphinx. Non ? Antilope ! Lion ! Albatros ! Epervier ! Shinx ! Nnom Ngii ! A quand donc des modèles humains pour le Renouveau ? Certainement, à l’horizon 2035 !

© Ouest littoral : PONUS

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Date de dernière mise à jour : 06/11/2013