Cameroun: 300 établissements hospitaliers clandestins

L’Ordre national des médecins dénonce par ailleurs  la corruption qui gangrène le secteur de la santé.

Cameroun: 300 établissements hospitaliers clandestins

Le Dr Guy Sandjon, président de l’Ordre national des médecins du Cameroun (Onmc), aurait difficilement trouvé meilleure tribune que la cérémonie d’inauguration du siège rénové de l’institution dont il a la charge pour faire le diagnostic des maux qui minent le secteur de la santé sous le ciel du renouveau. L’évènement, qui se tenait en marge de l’assemblée générale de l’Onmc, a mobilisé pas moins de cinq membres du gouvernement dont le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda. Devant un auditoire également composé de diplomates et de responsables des ordres de médecins de pays de la sous-région Afrique centrale, le Dr Guy Sandjon a affirmé que « les évacuations sanitaires doivent être perçues comme un échec de notre système sanitaire, d’autant qu’elles coûtent des dizaines de milliards de Fcfa ». Un échec qui pourrait bien s’expliquer par la corruption qui gangrène le secteur de la santé au Cameroun.

D’après le patron de l’Onmc, « sur 660 cliniques qui existent au Cameroun, 300 exercent dans l’illégalité ».
Une situation bien connue du Minsanté qui, non seulement corrobore ce chiffre, mais rejette la responsabilité sur certains médecins. Pour Mama Fouda, ces derniers devraient s’abstenir de « marchander leurs diplômes et les confiant à des tiers qui les utilisent pour monter des dossiers de création des établissements médicaux ». Le pourrissement en la matière est  tel que le Minsanté annonce avoir gelé la délivrance des autorisations de création. Mais, le garrot suffira-t-il à stopper l’hémorragie quasi généralisée ? Rien n’est moins sûr.
Le choix du thème de cette assemblée générale montre bien en tout cas, que l’hydre de la corruption a métastasé dans le système de santé camerounais et a atteint « les certificats médicaux ». De l’aveu du Dr Guy Sandjon, « la délivrance de ces certificats de complaisance  a de nombreuses conséquences, y compris au plan pénal. L’Onmc a d’ailleurs été saisi d’une plainte de l’ambassade de France concernant une affaire d’escroquerie à l’assurance, d’un montant de 1,5 milliard Fcfa », explique-t-il. Le président de l’Onmc dénonce également l’escroquerie des patients dans les formations hospitalières et l’exercice illégal de la médecine. Concernant ce dernier problème, le Minsanté a indiqué ne ménager aucun effort pour assainir cette corporation.

@237 online.com

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