CAMBRIOLAGES DES SIÈGES DES ASSOCIATIONS ET PARTIS POLITIQUES

Cambriolage091208250Le comité directeur de l’Union des populations du Cameroun (Upc) est indigné. Il proteste contre l’insécurité grandissante dans les sièges des organisations de défense des droits humains et des partis politiques.

LE SECRÉTARIAT du Comité Directeur de l’Union des populations du Cameroun (Upc), indigné que depuis des décennies, des enquêtes concernant des cambriolages des sièges des associations et partis politiques n’aient jamais abouti, vient de rédiger une déclaration. Dans celle-ci, les partisans de l’Upc des fidèles exigent des enquêtes policières sérieuses qui aboutissent à des résultats clairs ; Déclarent qu’aucune force nuisible au monde ne peut venir à bout des idées justes ; Exhortent les associations, les partis politiques ou autre regroupement humain au Kamerun, à ne pas céder sous les menaces et les intimidations ; Appellent tous les hommes et femmes épris de justice à condamner toutes les manoeuvres visant à étouffer les voix de la démocratie et du respect des droits de l’homme.

Ce qui justifie cette sortie des Upécistes est le récent cambriolage des locaux du Réseau associatif des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac). Dans la nuit du 12 au 13 juin 2014, en effet, et selon des sources bien informées, huit individus, les uns à visage découvert, les autres cagoulés, armés de pistolets, de massettes, de pied de biche, pinces monseigneur sont arrivés sur 3 motos, et ont vandalisé les bureaux du Redhac.

Des informations recueillies sur les lieux ont fait état de la situation suivante : les agresseurs ont cassé la chaîne et le cadenas qui fermaient le portail d’entrée, ont mis en joue le gardien qui tentait de donner l’alerte, l’ont ligoté pieds et poings, collé un sparadrap sur sa bouche, couché sur le sol et roué de coups ; ils ont cassé violemment toutes les entrées, portes centrales, portes des bureaux, à la massette, pied de biche et autre pince monseigneur qu’ils ont ensuite laissé sur place.

En outre, selon les membres du Redhac rencontrés sur les lieux, les soi-disant malfrats ont fouillé toutes les armoires, vidé tous les tiroirs, renversé et éparpillé leurs contenus, déchiré minutieusement toutes les enveloppes, emporté des postes téléviseurs numériques écran plat et une importante somme d’argent destinée à payer les factures domestiques et à soutenir un défenseur et sa famille en difficulté. « Mais les raisons évidentes de leur visite, c’était la recherche d’informations et pour cause : ils ont pris par devers eux des ordinateurs portables, des appareils photos numériques, des cameras numériques avec leurs cartes mémoire et surtout, emporté 3 dossiers importants sur des affaires de violations flagrantes des droits des personnes », ont affirmé les employés au siège du Redhac non loin de Total Bali à Douala.

L’enquête de cet autre cambriolage du Redhac (le quatrième du genre rappelons-le) n’ayant pas encore porté ses fruits, a poussé les Upécistes à émettre des souhaits comme dit plus haut. « Nous nous sommes réunis car nous nous sentons concernés par l’agression du Redhac. Signalons-le, l’Union des populations du Cameroun a également été victime à plusieurs reprises des cambriolages dont les enquêtes n’ont jamais abouti. Sans compter de nombreuses autres organisations dans la même situation », soulignent Alexis Ndema Same, président de l’Upc et Albert Moutoudou, secrétaire général de ladite formation politique. Ils ont foi en ce que le cambriolage est « un autre mode d’intimidation et expression de l’intolérance après les interdictions de réunions d’associations et de partis politiques ou des condamnations des leaders politiques ». Ces derniers espèrent que leurs revendications vont être prises en compte par qui de droit.

© Aurore Plus : Linda Mbiapa

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