Bresil 2014: Roger Milla refuse de voyager avec les Lions - "Je ne suis pas content du traitement qui m'a été réservé"

L'Ambassadeur itinérant et ancien Lion décline sa participation au mondial brésilien.

 

 

Roger milla

Roger Milla (Archives) Photo:

Roger Milla: Je ne suis pas content du traitement qui m'a été réservé

L'ouverture du mondial Brésil est prévue demain. Mais vous êtes encore au Cameroun. Qu'est ce qui justifie votre présence à Yaoundé?

C'est simple. Je ne suis pas content du traitement qui est fait à mon égard depuis 2000. Tout le monde le sait, j'avais bien dit que ça ne va pas se passer comme ça. C'est pour cela que je ne suis pas parti. Et même si je ne pars pas où est le problème? Je vais regarder les matches à la télévision. Je suis un peu déçu d'apprendre des journalistes que je n'ai pas été d'accord de toucher des frais de mission qui sont trois ou quatre fois moins que ceux du ministre [ministre des Sports et de l'Education physique Adoum Garoua, Ndlr]. Et là, je n'ai jamais parlé du problème du ministre ou quoi que ce soit. On m'a demandé d'aller m'aligner à la guérite pour toucher 4 millions de frais de missions. Et j'ai dit que je ne peux pas les prendre parce que pour moi, ce n'est pas normal qu'on envoie un Ambassadeur itinérant avec 4 millions au Brésil.

Combien aviez-vous demandé?

Je n'ai rien demandé. Il ne me revient pas de le faire. Les ministres avec qui je voyage souvent savent qu'il leur revient de proposer un budget soit au Premier ministère soit à la Présidence de la République pour moi.

Qu'est-ce que vous auriez voulu?

J'aurais voulu que depuis plus de 20 ans déjà qu'un Ambassadeur itinérant voyage avec les ministres pour aller à une cérémonie en dehors du pays ait quand même un budget. Je ne vais pas tout le temps courir derrière des ministres pour dire: monsieur le ministre j'ai envie de manger et quand j'ai envie de boire c'est le même exercice. Je crois que pour des gens qui réfléchissent ou qui savent ce que c'est, il est mieux que j'aie mon budget pour ce voyage.

Que pensez-vous des multiples revendications enregistrées dans la tanière des Lions Indomptables du Cameroun avant leur départ pour le Brésil?

C'est une simple revendication qui est d'ailleurs légitime pour les joueurs. Le reste des couacs qu'il y a eu à l'intérieur de la tanière ne me concerne pas. Pour moi, c'est juste la légitimité des joueurs. Lorsque les joueurs réclament leur dû, ils ont travaillé. Il revient au Comité de Normalisation de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) de leur donner ce qui leur revient. Ils n'ont pas discuté par rapport à la prime du gouvernement, c'est la prime du Comité de normalisation qui est comme la prime de la Fécafoot. Et ces joueurs veulent savoir à quoi sert tout l'argent qu'on verse à la Fécafoot. On nous parle du développement du football, où en sommes-nous avec ce développement? Il n'y a aucun stade pour les jeunes, ni de championnat pour ces mêmes jeunes. C'est de ça qu'il s'agit. Ils [les joueurs, Ndlr] savent eux aussi que demain, ils ne seront pas à l'équipe nationale comme des anciens joueurs et on va les traiter comme on nous traitait aussi. C'est pour cela qu'ils interviennent pour le profit de leurs cadets.

Avez-vous donné des conseils à ces joueurs avant leur départ?

Ils sont grands, et de très bons joueurs. Ils sont des professionnels. Ils ont réclamé qu'on leur donne les primes ce qu'ils ont obtenu. Il leur revient d'aller démontrer au peuple camerounais qu'ils ne sont pas seulement là pour réclamer de l'argent. Mais sont là pour défendre le drapeau du Cameroun.  

Certains pensent que vous tirez les ficelles dans l'ombre? Je suis derrière en tant que qui ?

Je ne suis plus joueurs, ni à côté des Lions. Que vais-je revendiquer? Ces mauvaises langues je les comprends. C'est des langues que la fédération a acheté déjà depuis 7 à 8 ans. Le peuple camerounais sait ce que je suis, il sait ce que je peux demander et ce que je peux faire. Je suis un homme intègre et je le resterai. Je ne rentre pas dans des choses qui salissent mon nom, ma famille. Si Roger Milla fait quelque chose de grave aujourd'hui, c'est le Cameroun qui sera sali. Il faut que les gens arrêtent de prononcer mon nom dans des choses qui n'ont pas de sens. Je suis fier de ce que je suis, je suis fier de ce que le Cameroun me donne.

Le Cameroun a-t-il une chance de passer le premier tour?

Il faut déjà gagner le match contre le Mexique vendredi. Si nous le faisons, nous aurons toutes nos chances d'aller au second tour. Il faudra juste un match nul pour passer ce cap. C'est là le hic.

© GUY HYACINTHE OWONA | Mutations

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