: BANGOU PRÉPARE LES OBSÈQUES DIGNES À SON MAIRE

Rosette mboutchouang chantal biya091014300Le lieu de son inhumation ne semble pas préoccuper les autorités traditionnelles et les populations

Vendredi 10 octobre 2014. Il est à peine 9 heures. Lorsqu’on franchit l’une des frontières qui sépare le département du koung-khi à celui des Hauts-plateaux, la douce chaleur qu’il faisait jusque-là cède brusquement la place à un climat moite. Plus l’on s’approche de Bangou sur une route entièrement bitumée, plus l’air a l’air d’être tout particulier, un peu comme s’il voulait refroidir les esprits surchauffés après la disparition du premier magistrat municipal de cette localité le jeudi 2 octobre dernier, des suites de maladie à Johannesburg en Afrique du Sud. Que non ! La douleur semble très grande.

A la mairie de Bangou que dirigeait la désormais regrettée Rosette Mboutchouang, cette douleur est extériorisée à première vue par le drapeau en berne depuis l’annonce de la triste nouvelle. Sous haute instruction apprend-on du gouverneur de la région de l’Ouest, les portes du bureau du maire sont scellées. Et l’un des conseillers rencontrés a le cœur meurtri. «La mort de la maman qui était en même temps notre maire, nous l’avons accueilli comme un coup de poignard dans le dos», confie Emmanuel Seumo, la voix tremblotante. Même Manou Diguir, le sous-préfet de Bangou est affligé. «La population de Bangou est totalement malade depuis la disparition maman Rosette comme on l’appelait affectueusement », souligne cet administrateur civil principal consterné.

Au-delà du fait d’avoir perdu un être cher, cette profonde tristesse est aussi une forme de reconnaissance à l’immense œuvre que la disparue lègue à la population qu’elle a servie pendant sept ans (de 2007 à 2014) d’une part, et à l’ensemble des projets qu’elle mijotait encore d’autre part. «Au premier mandat, les réalisations que cette dame de cœur a pu faire dans l’arrondissement de Bangou en particulier, dans le département des Hauts-plateaux et la région de l’Ouest en général, sont énormes», renseigne Manou Diguir. « Notamment, la route Bangou carrefour- Bangou ville longue de 11 km entièrement bitumée ; tout comme celle qui va de Bangou ville à Batié en passant par Badenkop et Bapa longue de 20 km.

 De même, la route Bangou-Bandjoun d’une longueur de 18 km, 16 km sont déjà bitumés et les travaux sur les 2 km restants sont en cours de finition. De Bangou ville à Baham en passant par le carrefour Guépard, la route est aussi bitumée. Cette liste en ce qui concerne uniquement les routes est loin d’être exhaustive. A cela il faut ajouter la construction des salles de classe, des cases communautaires, des forages, l’électrification rurale…dernièrement, elle a négocié l’adduction d’eau dans la ville de Bangou dont le budget se chiffre en milliards», énumère le Sous-préfet qui finalement, a laissé tomber cette larme qu’il se battait à maintenir dans son œil. D’autant plus, confesse-t-il, depuis son installation comme chef de terre dans cet arrondissement en mai 2013, il dit avoir été aussitôt adopté par la belle-mère de Paul Biya qui le considérait d’ailleurs comme «son fils».

 

Bangou prépare aussi ses obsèques 

555 Nonobstant les supputations au sujet du lieu d’inhumation de Rosette Mboutchouang, Bangou voudrait rendre un dernier hommage à celle-là qui en plus d’être son maire, est mariée à un fils du groupement Badenkop, l’un des trois qui constituent cet arrondissement. A en croire à Sm Francis Feze, chef de ce village, une veillée se tient dans sa chefferie quelques jours par semaine, conformément aux us et coutume de cette contrée. Et en fonction des titres traditionnels qu’arborait la disparue, il annonce que des obsèques qui se tiendront à Bangou sont déjà en préparation en attendant la décision finale du cabinet civil de la Présidence de la République sur le lieu des obsèques officielles.

© La Nouvelle Expression : Vivien Tonfack

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