- ATTAQUE À KOLOFATA : « SORS ALI ! SORS RAPIDEMENT ! »

AmadouRévélations sur le déroulement de l’attaque de la résidence du vice-premier ministre la semaine dernière.

Que s’est-il passé dimanche 27 juillet dernier à la résidence d’Amadou Ali, le vice-premier ministre aux premières heures de la matinée dans son village natal à Kolofata? Beaucoup a été dit sur cette attaque de Boko Haram. Selon les témoignages poignants d’un témoin oculaire de la scène qui n’a pas souhaité être cité, l’attaque était d’une violence extrême. 5h20, les hommes qui ont passé la nuit dans cette résidence sortent et effectuent la prière de Soubh (prière de l’aube) dans la cour principale sur des nattes.

La prière s’achève 5 minutes plus tard. Des retardataires arrivent. Ceux qui ont prié les premiers regagnent leur chambre. Soudain, un Land cruiser klaxonne à l’entrée du portail. Les gardiens en faction occupés qui à se débarbouiller, qui à se brosser les dents s’empressent pour ouvrir le portail, croyant qu’il s’agissant de Amadou Ali, qui devait rallier Kolofata ce matinlà. Ils ouvrent le portail dans cette pénombre et le véhicule entre dans la cour. Les occupants sautent et se mettent à tirer. D’abord sur les gardiens qui tombent les premiers.

D’autres assaillants lourdement armés entrent dans la cour via le portail largement entrouvert. La résidence est envahie par la horde de ces bandits en réalité des adolescents, qui, et en croire notre source prennent du plaisir à tirer sur tout ce qui bouge. Ils gambadent en visitant tous les appartements appelant certains occupants par leur nom. Ils brulent certaines pièces et leurs occupants à l’aide de grenade, profèrent de menaces.7h. Les tirs cessent. Mais les assaillants sont encore là. Ils passent en revue le reste des appartements et installent l’épouse d’Amadou Ali avec près de vingt autres personnes dans la cour.

Un des assaillants sortant d’une pièce crée à tuetête : « Sors Ali ! Sors rapidement ». Telle une chanson, ses autres camarades reprennent le refrain sur un ton menaçant. Vers 7h30, les armes résonnent encore. Ceux qui sont cachés sont repérés, brûles, ou tués. Le reste est conduit dans la cour. Après 8h, le calme revient dans la résidence. Les assaillants font le casting des gens à kidnapper, et le reste, selon les directives de leur chef- à peine trente ans- doit être tué- question de laisser un impact.

Ils sortent de la résidence en emportant des voitures. Vers la sortie de la ville, une des voitures complique. Ils l’abonnent, non sans le bruler.

© Le Jour : Younoussa Ben Moussa

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