Assemblée Nationale: Ils font du bruit dans la majorité

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Devrait-on les considérer comme des trublions, comme sait parfois l’être l’écologiste Daniel Cohn-Bendit au parlement européen ? Comme des hommes courageux, à l’image de la députée française Christiane Taubyra faisant reconnaître à son pays que l’esclavage soit considéré comme un crime contre l’humanité ? Ou simplement comme des électrons libres que la rigidité des cadres du parti peine souvent à contenir ? A l’Assemblée nationale, les Martin Oyono, Gaston Komba, Jean Marie Nga Koumda, Roger Nkodo Dang et autres Adama Modi Bakary, ne laissent pas indifférent. Ils détonnent même, tant leurs prises de position et autres interventions dégagent un certain franc-parler et ne s’accommodent pas toujours du modus silentium du Rassemblement démocratique du peuple camerounais au pouvoir.

Même s’il est vrai qu’ils n’ont jamais ouvertement voté contre la ligne du parti, ils n’en contestent pas moins – de manière officieuse comme de manière ouverte – les logiques. Qui ne se rappelle par exemple de l’entêtement du dernier cité à se porter candidat à l’élection au poste de président de l’auguste chambre en 2007, alors même que son parti, fort de sa majorité avait jeté son dévolu sur un autre candidat? Le 07 décembre 2012, au cours d’une séance de questions orales au gouvernement pendant la session parlementaire de novembre, l’honorable Jean Marie Nga Koumda a bruyamment relancé le ministre de l’administration territoriale, René Sadi. Motif, celui-ci n’apportait que des réponses peu précises à la question qu’il lui a posée.

La tradition des questions orales laisse en effet très peu survenir ce type de scénario. Lorsque cela est le cas, c’est bien souvent le fait de l’opposition. Le député de la Lékié est pourtant coutumier du fait. Comme ses autres collègues du parti au pouvoir qui affichent une certaine liberté de ton et savent crier leur ras-le-bol lorsque la situation devient intenable. Grand exemple la date, la fronde collective initiée par les députés du Rdpc au moment de l’adoption du projet de loi portant code électoral en juin 2012. Si l’opinion a salué ce «réveil» des députés, certains de ces parlementaires ont joué, en sous main, un rôle mobilisateur important.

Une posture non conformiste qui finit par surprendre dans le parti au pouvoir où la plupart des représentants semblent si souvent céder facilement à la logique de groupe. Même si au sein du groupe parlementaire, l’on dit apprécier. «Avant d’être député, c’est d’abord des personnes libres. Avoir cette liberté de ton ne suppose pas nécessairement qu’ils s’écartent de la ligne du parti. Il arrive même que ces positions soient appréciées par le parti. Au sein du groupe parlementaire, ça ne pose pas problème», affirme un responsable du groupe parlementaire Rdpc.

© Serge-Lionel Nnanga | La Nouvelle Expression

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