Après les élections…: Des responsables de la Fécafoot entendus au SED

 

Coup de théâtre ! Une vingtaine de membres du nouveau et de l’ancien bureau ont été auditionnés hier jeudi 20 juin par les enquêteurs du Secrétariat d’Etat à la Défense, au sujet d’importantes sommes d’argent qui auraient circulé avant, pendant et après le scrutin qui s’est déroulé mercredi 19 juin dernier.

 

Lendemain post-électoral sur fond d’enquêtes judiciaires. C’est à croire que le feuilleton Fécafoot n’a pas jusqu’ici livré son dernier épisode. A peine le bureau exécutif a-t-il été élu que le secrétariat d’Etat à la défense décide de conduire aux prolongations. De sources très introduites au Sed, plusieurs responsables de la Fécafoot ont été entendus dans la journée d’hier au service des renseignements. Parmi eux, des membres du nouveau et de l’ancien bureau du Comité exécutif soupçonnés d’avoir participé de près ou de loin à une vaste opération de corruption avant et pendant l’organisation des élections.

« Ils arrivaient au Sed par vague et les enquêteurs les cuisinaient progressivement. L’interrogatoire tournait autour des sommes colossales d’argent qui ont été débloquées par certains d’entre eux pour soudoyer les délégués venus des dix régions ainsi que certains membres des commissions spécialisées aux fins de voter des listes qui leur avaient recommandées», rapporte notre source qui ajoute que les fins limiers du Sed ne sont pas prêts de lâcher le dossier en si bon chemin. Joint au téléphone, un membre de l’Assemblée générale de la Fécafoot sous anonymat confirme qu’il a bel et bien été auditionné au Sed pendant une heure et demi.

« Ils estiment que certains parmi nous ont dû corrompre des délégués afin qu’il n’accorde aucun suffrage à John Begheni Ndeh », tranche l’homme qui déclare qu’il n’est pas au courant d’une manœuvre pareille. On se souvient qu’il y a deux mois, une information faisait état de ce que des responsables de l’ancien bureau de la Fécafoot avaient nommé en catimini dans les régions et même au niveau national, des personnes chargées d’organiser les élections à la Fédération.

Seulement, les proches d’Iya Mohammed, avait-on appris, ont pris le soin d’imposer des hommes qui vont favoriser leur reconduction. Des voix s’étaient élevées pour décrier cette parodie savamment mise en musique par le secrétaire général de la Fécafoot. Ce d’autant plus qu’on ne comprenait pas comment des personnes qui vont organiser le scrutin, supposées neutres, sont finalement des pions de l’équipe sortante.

Commission électorale

Etaient pointés du doigt comme instigateur de cette manœuvre : Tombi A Roko Sidiki et Francis Mveng qui auraient fait le tour des régions pour mettre les membres de la commission électorale au pas. Alors qu’il ne s’agissait ni plus ni moins que d’une vaste opération de corruption. Dans cette sale besogne, les deux hommes étaient accusés d’avoir divisé le pays en deux : « Tombi A Roko Sidiki accompagnés d’Etienne Claude Tamo et Bekoum étaient dans la partie septentrionale du pays, alors que Francis Mveng, Faustin Blaise Mbida Mbida et Lambert Yodiodi Emebe ont sillonné les sept autres régions du pays ».

Le mode opératoire ? Réunir les membres de la commission électorale régionale et leur dire de prendre toutes les dispositions pour que l’équipe sortante remporte le scrutin. A la fin de la séance de travail, « chaque membre de la commission électorale empochait la somme de 40.000 Fcfa avec la promesse d’avoir plus si la mission est bien remplie ». Des arguments bottés en touche par tous les responsables que Le Messager a joints au téléphone hier en fin de soirée. Pour ceux-ci, « tout ce scénario n’est qu’une mise en scène savamment montée de toutes pièces par certains membres du gouvernement qui rêvent d’avoir le contrôle de la Fécafoot.

Nous n’avons rien à cacher et on ne trouvera rien », promet un membre du nouveau bureau élu. Notre source au Sed soutient que le cas le plus flagrant reste celui de Pierre Batamack, élu à la veille 3e vice-président du Comité exécutif. Lui qui avait déjà séjourné au Sed en avril dernier au soir de l’élection du bureau de la ligue régionale de football du Littoral. Pire, en 2006, l’homme a participé à l’organisation calamiteuse d’un tournoi national de football des jeunes. La compétition fut reportée plusieurs fois. Pierre Batamack, alors président de la commission nationale du football jeune, était tranquillement allé aux Etats-Unis, laissant de jeunes joueurs dans la dèche. Tous ces responsables auditionnés connaîtront-ils le même sort que leur mentor Iya Mohammed? Affaire à suivre.

© Christian TCHAPMI | Le Messager

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