Après le passage du ministre du travail…: Représailles des Chinois contre les ouvriers camerounais à Mekin

Beaucoup le craignaient après le dernier passage de Grégoire Owona, ministre du Travail et de la sécurité sociale le 23 mai dernier sur le site du barrage hydro-électrique de Mekin dans le Dja et Lobo. La suite leur a donné raison.

Les multiples plaintes du personnel adressées au ministre du Travail et de la sécurité sociale ont plus que courroucé les responsables de la société chinoise en charge de la construction du barrage hydroélectrique de Mekin. Guo Dong Sheng, le manager du projet de construction de ce barrage hydroélectrique de Mekin est resté ferme sur sa position : les ouvriers qui ont fait connaître leurs conditions déplorables de travail proches de l’esclavagisme au ministre de Travail et de la sécurité sociale seront licenciés.

C’est ainsi que Bonaventure Nama, porte-parole des ouvriers de la Cneec (China National electricity engenery compagny), celui qui a accepté mourir pour les autres comme le déclarait l’artiste-musicien Longue Longue, a été licencié. Son péché ? Avoir osé révéler au ministre Grégoire Owona les vraies conditions de vie des ouvriers: entre autres, ils dorment sur des planches, défèquent dans la nature, mangent dans leurs casques de sécurité et leurs heures supplémentaires ne sont pas toujours payées.

Ces déclarations devant le ministre qui n’en croyait pas ses oreilles irrite les responsables chinois qui décident alors de se séparer de tous ceux qui ont eu la langue trop… pendue. Mais, grand seigneur, Bonaventure Nama préfère tout prendre sur lui. D’où son licenciement. Et celui de quelques autres. Ainsi débute alors le chemin de croix de ces ouvriers face à des patrons intransigeants, et sourds au dialogue. Unanimement, les ouvriers décident alors de cesser le travail jusqu’à ce que leur camarade licencié retrouve son poste de travail.

Pendant plusieurs jours, la tension persiste avant que les autorités du département du Dja-et-Lobo et les élites locales se saisissent du dossier. Le délégué régional du Travail et de la sécurité sociale est descendu sur les lieux pour essayer de trouver un terrain d’entente. Il s’agit de créer des conditions de vie propices au travail, et le respect des conventions de travail. Après plusieurs jours de négociation, une plate forme d’entente semble être trouvée avec comme préalable, la construction urgente d’une base vie de 200 chambres, dotées de lits et de matelas.

La construction des latrines, l’amélioration des conditions de restauration. Pour les heures supplémentaires, leur paiement devrait débuter en ce mois de juin. La réintégration de leurs camarades licenciés a été le préalable pour la reprise normale de service sur le chantier de Mekin. Et cette reprise effective était prévue pour hier lundi. A cet effet, les ouvriers proposent qu’un suivi permanent de ces termes de négociations soient établi afin qu’une gestion des contentieux soit réelle. Si c’est la paix des braves rien n’indique qu’elle sera définitive.

© Jacques Pierre SEH à Ebolowa (Cp) | Le Messager

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