Après 17 ans en prison: Titus Edzoa refait ses papiers

L'ancien détenu s'est fait établir une nouvelle carte d'identité et un nouveau passeport.

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Titus Edzoa retourne progressivement à la vie. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il y va lentement. En effet depuis sa libération le 24 février dernier, l'ex bagnard continue de se promener dans son jardin du château de Graal à Simbock, se réhabitue à l'espace et au soleil qui lui ont manqué, lui qui était enfermé vingt heures sur vingt-quatre dans une cellule de 7 m2. L'ancien secrétaire général de la présidence de la République qui peut enfin voir le ciel et regarder le coucher du soleil passe ses journées à la maison où il reçoit beaucoup.

Lors de ses deux dernières rares sorties, il y a quelques jours, c'était pour aller se faire établir une nouvelle carte d'identité périmée depuis 1997, puis se faire un nouveau passeport, après qu'on lui a retiré son passeport le 22 avril 1997, quelques jours avant son arrestation. A chacune de ces étapes, Titus Edzoa a bénéficié de tous les égards des services compétents, notamment de la police. D'ailleurs, il n'a pas mis beaucoup de temps à rentrer en possession de ces différentes pièces. Après 17 ans de bagne, Titus Edzoa redevient donc peu à peu un citoyen normal aux côtés de son épouse et de leurs enfants.

Le 20 avril 1997, Titus Edzoa démissionne du gouvernement où il était ministre de la Santé et annonce sa candidature à l'élection présidentielle d'octobre de la même année. Le 3 juillet 1997, Titus Edzoa est arrêté à son domicile par les éléments du Gso. Il est accusé de détournement de 350 millions FCFA représentant les fonds Stabex. Le 3 octobre 1997, Titus Edzoa est condamné à 15 ans de prison avec son coaccusé Michel Thierry Atangana. "Pendant son séjour au Sed où il était détenu, il lui est imputé de nouvelles accusations. Notamment le détournement des fonds du Comité de pilotage et de suivi des projets routiers et le détournement des fonds liés à l'organisation du sommet de l'Organisation de l'unité africaine (Oua) qui s'est tenu à Yaoundé en 1994 pour ne citer que ceux-ci. Le préjudice s'élève à 61 milliards FCFA d'après l'accusation. Ces griefs donnent lieu à un deuxième procès qui s'ouvre en octobre 2009. Le 4 novembre 2012, Edzoa et Atangana sont condamnés à 20 ans de prison. Le 18 février 2014, à la suite de diverses pressions, le président de la République signe un décret portant commutation et remise de peines. Titus Edzoa et Michel Thierry Atangana bénéficient d'une remise totale de leurs peines et retrouveront la liberté dans la nuit du 24 février 2014.

© Eitel Elessa Mbassi | Le Jour

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