APPARITION DE JÉSUS À MINKAN : LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE SENSIBILISE LES OUAILLES

Jesus a yaounde180414300 1VOILÀ QUELQUES SEMAINES que l’actualité donnait la part belle à l’apparition de «Jésus» dans un domicile à Yaoundé. Une nouvelle qui avait drainé une foule dense dans la maison du couple en question. De nombreux chrétiens catholiques s’étaient joints à ceux des obédiences autres pour vivre l’événement. Qui par des prières, qui par des chants et danses. Des citoyens ont traversé monts et vaux pour se rendre dans la résidence en question.

L’événement avait été grandissime. La plupart des Camerounais y ont cru, affirmant que le miracle existe et que Dieu peut décider quand, où et comment il se manifeste. Des semaines après le fameux jour-là, les membres de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun ont tenu à marquer un temps d’arrêt sur le sujet au cours de leur récente rencontre. Ces derniers ne voient pas d’un bon oeil la prétendue apparition de Jésus dans une maison. Pour eux, « le Fils de Dieu est avec nous tous les jours. Il est présent dans nos vies. Il faut avoir des yeux de la Foi pour s’en rendre compte. Des miracles, il les opère chaque jour sans avoir besoin d’agir au grand jour ». Le clergé catholique a été étonné que les croyants n’aient pas eu de retenue dès l’annonce de ladite apparition du Christ. Les presbytères estiment que des stratégies ne manquent pas pour égarer le peuple de Dieu. Voilà pourquoi ils appellent à plus de sagesse, d’esprit de discernement et de prières. Au passage, rappelons que l’annonce de l’apparition de «Jésus», intervient dans un contexte où les acteurs publics mènent une lutte sans vergognes contre les églises dites de réveil.

La tolérance zéro pour les églises réveillées est encore et toujours de mise dans la région de Joseph Beti Assomo. La rencontre tenue mercredi le 6 novembre 2013 à Douala en a fait foi. Au cours de celle-ci, le troisième adjoint au préfet Eli Etonè Bessika a procédé à l’installation des équipes chargées de veiller au respect de la règlementation en vigueur en matière d’ouverture d’un lieu de prière. Elles ont pour devoir de contrôler les pièces à savoir l’autorisation d’ouverture, l’emplacement de l’église et la nature des activités.

De ce fait, l’autorité leur a donné un délai pour répertorier ces églises qui fonctionnent dans l’illégalité. La présente rencontre faisait suite à une autre tenue le 28 août 2013 dans la métropole économique entre Paul Naseri Béa préfet du Wouri et quelques promoteurs des églises réveillées. L’autorité avait alors signifié son désir de redoubler d’efforts dans l’assainissement du secteur religieux. Chose dite, chose faite.

A preuve les portes scellées quelques mois plus tôt des églises telles Gospel of Christ Ministries, Sainte Église du Sabbath, Centre Spirituel Sion, The Door Christian Fellowship Church, toutes à Douala 1er. Pareil pour l’église Mouvement de Réveil Charismatique Catholique la Sentinelle et l’Église Universelle du Royaume de Dieu, à Douala 2e. Par ailleurs, dans ce pays où les rumeurs d’appartenance des dignitaires du régime à des ordres comme la Rose-Croix et la Franc-maçonnerie circulent inlassablement, pas besoin d’attendre la version définitive de deux études menées par l’Eglise catholique il n’y a pas longtemps, à Bamenda dans le Nord-ouest anglophone, et à Douala.

Deux archidiocèses qui comptent dans le paysage catholique local, et qui sont, comme l’ensemble de la communauté catholique, préoccupées par l’arrivée de nouvelles religiosités. Certains ont voulu justifier ce printemps religieux par l’existence d’une loi de 1990 consacrant la liberté de culte. Mais la nuance est de mise. «La liste des associations religieuses autorisées ne s’est du reste pas considérablement allongée depuis décembre 1990.

Aux vingt-six associations enregistrées à cette date, se sont seulement ajoutées, en plus de dix ans de libéralisation, une vingtaine de nouvelles dénominations, sans que l’on sache très bien le critère de cette sélection qui intègre autant les églises pentecôtistes que des associations et les Témoins de Jéhovah, interdits pendant plus de vingt ans au Cameroun en raison de leur refus d’intégration à l’Etat». Des propos tenus il y a de cela quelques années par Maud Lasseur, géographe de l’université de Paris I. C’était au cours d’un échange entre ce dernier et le journaliste Valentin Zinga.

© Aurore Plus : Linda Mbiapa

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