Analyse: Ce Cameroun qui bouge plus qu’on ne le dit

Que n’a-t-on pas dit du Cameroun au cours des dernières décennies au sujet de la gouvernance, de la croissance économique ou des acquis sociaux ? Tour à tour, le pays a été qualifié de champion du monde de la corruption ou du détournement de la fortune publique, de royaume de la « feymania » et autres formes d’escroquerie, de cimetière de la croissance économique, de repoussoir pour les investisseurs, etc. Si on ne se fondait que sur les multiples « verdicts » énoncés périodiquement par quelques institutions internationales et autres organismes spécialisés, le pays serait donc mort et enterré depuis longtemps.

A entendre tous ces prophètes de malheur, rien n’aura véritablement bougé chez nous, ou si peu. Certes, ces préoccupations sont réelles pour la plupart. L’hydre de la corruption a été maintes fois dénoncée par la voix la plus autorisée. De même, les méfaits de l’inertie se font ressentir chaque jour sur le train de vie de l’Etat comme sur celui du citoyen ordinaire.

On ne saurait donc balayer d’un revers de la main toutes les observations faites par quelques observateurs patentés de la scène nationale et internationale pour la simple raison que toute critique constructive peut contribuer à l’amélioration d’une situation donnée. Néanmoins, l’existence des facteurs de blocage ayant jusqu’ici ralenti notre marche en avant ne devrait pas faire croire que la caravane s’est arrêtée. Car contrairement à ce qui se dit et s’écrit le Cameroun avance, même si ce n’est pas au rythme souhaité.

C’est ce qu’a exprimé avec force le président Biya dans son discours à forte tonalité économique, comme pour confondre tous les théoriciens de l’immobilisme programmée. Dans un pays en manque d’infrastructures de base, quel secteur pourrait traduire mieux que l’économie les mutations fondamentales qui s’opèrent sous nos yeux. L’ampleur des besoins à satisfaire étant à la hauteur du retard à combler, le catalogue des urgences ne peut que s’allonger. C’est pour répondre aux nombreuses attentes que l’exécutif s’est engagé à transformer le Cameroun en un vaste chantier. Dans l’ordre des priorités pour faire du Cameroun un pays émergent, les projets structurants occupent le haut du pavé. Le volontarisme affiché par le président traduit la détermination à faire bouger les choses.

L’argumentaire présidentiel s’articulent autour de cinq préoccupations majeures : l’accroissement de l’offre en énergie électrique, le développement et la modernisation des infrastructures de communication (routes, chemin de fer, ports), la réduction de la dépendance alimentaire grâce à une agriculture plus diversifiée et performante, l’intensification de l’exploitation minière Biya montre à suffisance son souci de joindre la parole aux actes.

Certains projets sont en voie d’achèvement à l’instar de la centrale thermique à gaz de Kribi, d’autres sont en construction comme le port en eau profonde de Kribi, l’aménagement hydroélectrique de Lom Pangar ou le barrage de Memve’ele alors que l’on annonce pour bientôt le lancement des travaux de l’autoroute Yaoundé-Douala et du barrage de Mekin. Alors que l’amélioration progressif du climat des affaires attire davantage les investisseurs, l’investissement public représente auant à lui près de 30 % de l’enveloppe globale des dépenses.

Les prévisions de croissance pour 2013 se situent à 6,1 %. A travers les multiples chantiers en cours, le Cameroun entend se moderniser à toute vitesse. A mille lieues de l’immobilisme tant décrié. Certes, le chemin vers la modernité est encore long et semé d’embûches. De nombreuses pesanteurs subsistent. Toutefois, le Cameroun bouge plus qu’on ne le dit, sur la route de l’émergence.

© Jean Marie NZEKOUE | Cameroon Tribune

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