Amoapi: Croisade contre les médicaments contrefaits à Yaoundé

Le deuxième salon de l’Association des mandataires agréés auprès de l’organisation africaine de la propriété intellectuelle (Samoapi) s’est ouvert à Yaoundé hier 18 décembre 2012. 03 jours durant, les participants statueront sur les probables solutions pour venir à bout de la contrefaçon du médicament au Cameroun. « Médicament et propriété intellectuelle : problématique associée et actuelles ». C’est le thème central de la 2ème édition du Samoapi qui s’est ouvert hier à Yaoundé. C’est que, depuis toujours, le problème de la contrefaçon se pose, mais beaucoup plus dans le secteur de la cosmétique.

A nos jours, elle prend de l’ampleur pour se poser avec plus d’acuité dans les domaines plus sensibles tels le secteur du médicament et les produits de santé apparentés. La croissance exponentielle de ce fléau en Afrique en général et au Cameroun en particulier comme l’a souligné Me Françoise Ekani, présidente de l’Amoapi « constitue à n’en point douter le nœud gordien pour l’accès aux médicaments de qualité pour les populations à faible revenu d’une part, ainsi qu’un frein à la recherche et à l’innovation d’autre part ».

A titre d’exemple, près de 70% des antipaludéens qui sont vendus au Cameroun sont contrefaits, ce qui fragilise davantage la santé des populations et les conduits même à la mort. Pour la présidente de l’Amoapi, l’astuce est donc toute trouver, pour venir à bout de ce phénomène : « seule une mobilisation stratégique d’envergure nationale de tous les intervenants dans la lutte contre la contrefaçon des médicaments permettra de faire reculer ce fléau ». Il est donc question, à travers ce salon, de se concerter à ce propos, pour des solutions vraiment pérennes.

Roger Nobue, le directeur Sanofi Cameroun quand à lui, pense que, la lutte contre la contrefaçon du médicament au Cameroun doit passer par plusieurs voix : d’abord la prévention, la protection industrielle des médicaments et aussi, la coopération avec les autres partenaires de la santé. Dans sa phase active, la lutte doit connaître le concours de l’Etat : « il faut non seulement saisir ces produits et les détruire, mais en plus, aller dans leurs fiefs, dans leurs refuges pour définitivement en finir avec eux.

Pour ce qui est de Sanofi particulièrement, plusieurs procès sont déjà en cours avec cette contrefaçon ». Pour le ministre de la Santé publique André Mama Fouda, venu présider les travaux d’ouvertures, la contrefaçon se définie comme la violation d’un droit de propriété intellectuelle. Elle a maintenant évolué, tant dans la pratique que dans sa qualification juridique. « Elle ne se cantonne plus à la violation des droits d’un titulaire de brevet sur un procédé de traitement d’une pathologie ou sur une marque de médicament ou emballage de produit.

En effet, la contrefaçon se manifeste désormais aussi bien par la vente d’un médicament en dehors du circuit officiel que par la détention à des fins commerciales de faux médicaments », précise-t-il. Il recommande à cet effet que les participants à ces travaux scrutent les aspects de propriété intellectuelle et singulièrement celui des brevets qui devraient être examinés avec beaucoup de précautions.

Devront également être pris en compte les aspects de la santé publique notamment des coûts des médicaments ainsi que les impératifs de la recherche et du développement qui nécessitent des moyens considérables.

© Florette MANEDONG | Le Messager

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