Alerte: Une rébellion aux portes du Cameroun

« (…) les autorités camerounaises ont déployé plus de 600 soldats dans le parc de Bouba N'Djidda, dans le Nord du pays, où plus de 300 éléphants avaient été massacrés en début d'année. Ce déploiement vise à prévenir une nouvelle incursion de braconniers étrangers.» Cette information a été glissée, hier dimanche, dans certaines éditions du journal de Radio France Internationale (Rfi). C'est le genre de nouvelle qui ne mobilise pas, a priori les citoyens.

Selon la station, «les autorités camerounaises ont décidé de montrer qu'elles ne prenaient pas à la légère la question des braconniers», particulièrement dans cette réserve faunique où plus de 300 pachydermes (soit 80% de l'espèce) furent exterminés en début d'année par des hommes qu'on disait venus du Soudan. Rfi s'est ainsi fait l'écho de la mobilisation affichée par les autorités du pays, «à la hauteur de ce carnage.

Et c'est la conclusion de la dépêche qui donne froid dans le dos: «Or deux groupes de ces mêmes braconniers, eux aussi lourdement armés, sont de nouveau en route vers le Cameroun. Ils se trouvent actuellement en Centrafrique.» Jusqu'ici en effet, on avait affaire à des chasseurs illégaux qui s'introduisaient subrepticement sur le sol camerounais pour commettre leurs forfaits. Cette fois, c'est à peine si on n'indique pas la position géographique de malfrats. Et c'est cela, justement, qui aiguise la curiosité.

Au sein des forces de défense du pays, des sources dignes de foi indiquent que l'information est loin de relever de la chronique des faits divers. Des informations glanées à bonne source précisent ainsi que la fameuse colonne n'a plus rien à voir avec une bande de braconniers, contre qui un peu plus de 600 éléments du Bataillon d'intervention rapide (Bir) sont actuellement sur les dents à Bouba N'Djidda. Plus clairement, une sérieuse alerte aurait été donnée à l’armée voici quelques jours, qui met en garde contre une bande insurrectionnelle qui tiendrait sa base arrière depuis le Soudan, et dont les intentions manifestes consistent à s’emparer de certaines régions de notre pays, via la Rca. Pour quel dessein? Tout comme un épais brouillard entoure l'identité des commanditaires de cette opération ainsi que leurs réelles intentions. L'on sait néanmoins que des bandes rebelles, spécialisées dans le trafic de drogue et le braconnage à grande échelle, s'activent actuellement dans la localité de Bambouti, à la frontière entre la Centrafrique et le Soudan du Sud.

Il n'est pas, dans le cas d'espèce, exclu qu'elles, aient choisi le territoire camerounais comme base arrière de leurs raids vers certains pays de la sous-région Afrique centrale et de l'Est. Tout comme quelques filières de la nébuleuse islamiste Boko Haram ont été découvertes au Cameroun ces derniers mois, avec comme principale activité le trafic d'armes et de munitions à partir du Tchad, du Soudan et de la Centrafrique et qui semblent avoir choisi le Nord-Cameroun comme principal point, de passage de leurs cargaisons du fait de la porosité des frontières.

Mais on n'est jamais trop prudent. Dans un autre sens, plusieurs observateurs évoquent avec de plus en plus d'insistance de probables collusions entre Boko Haram et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), avec des métastases au Mali, au Niger en Algérie, au Nigeria et qui chercheraient à prendre pied en Afrique centrale. Le Cameroun aurait-il alors été identifié comme un terreau favorable? Dans une Afrique en proie au terrorisme international, aucune alerte n'est aujourd'hui à négliger.

D'où la mobilisation particulière, mais discrète des forces de défense camerounaises, qui n'entendent pas se laisser surprendre par des ténébreux soucieux d'imposer des doctrines moyenâgeuses aux peuples modernes. Pour l'instant, et comme on peut aisément le comprendre, le plus grand secret entoure les préparatifs de la riposte des valeureux et braves forces de défense camerounaises.

© René Atangana | La Nouvelle Expression

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau