Aide au développement: La France écarte le Cameroun

L'Hexagone a jugé hier 16 pays africains «prioritaires» en la matière.

A l'occasion de la première réunion du Comité interministériel de la Coopération internationale et du développement (Cicd) de l'an 2013, réunion qui ne s'est pas tenue depuis, quatre ans, le Premier Ministre français, Jean-Marc Ayrauq, a annoncé un «recentrage» de l'aide française au développe¬ment aux pays dits pauvres. Il s'agit de 16 États africains: Bénin, Burkina Faso, Burundi, Centrafrique, Djibouti, Comores, Ghana, Guinée, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, RD Congo, Tchad, Togo et Sénégal. Pas de Cameroun donc sur cette liste. Le Premier Ministre français a rappelé le contexte difficile des comptes publics français, mais tenu rassurer les bénéficiaires de l'aide au développement: «Nous sommes engagés dans une maîtrise de nos comptes publics (...) mais pour autant, la France maintient son effort en matière de développement».

Le gouvernement souhaite aussi mettre l'accent sur la «transparence» avec un «contrôle de l'efficacité des aides». Ainsi, pour les aides apportées au Mali, un site internet sera rais en ligne dans les prochaines semaines afin de donner des informations précises sur les projets financés. Un premier projet de loi d'orientation et de programmation sur la politique de développement et de solidarité internationale de la république sera présenté au Conseil des ministres en novembre pour un débat au Parlement début 2014.

Solidarité internationale

Cette réunion du Cicid faisait suite aux assises de développement durable et de la solidarité internationale, clôturées en mars à Paris par le Président François Hollande. La France consacrera en 2013 9,4 milliards d'euros à l'aide publique au développement. Elle est le 4e pays contributeur de l'aide et représente 10% de l'aide mondiale. En rappel, la France, qui reste l'un des principaux donateurs en Afrique subsaharienne, a réduit son aide à cette zone de 17% en 2012, représentant une baisse de près de 700 millions d'euros. Le Cameroun était jusqu'à la date d'hier considéré comme l'un des principaux bénéficiaires de l'aide bilatérale de la France à travers le monde avec 713 millions d'euros sur la période 2006-2011 et 40 assistants techniques.

La France est ainsi le premier partenaire au développement du Cameroun. La coopération franco-camerounaise repose sur un Document cadre de partenariat (Dcp), qui concentre les efforts français sur quatre pôles au titre des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd): Santé et lutte contre le Sida, infrastructures; éducation de base, agriculture et sécurité alimentaire. Il concerne également trois priorités transversal: l'enseignement et la recherche, la promotion de la diversité culturelle, la veille et la prospective.

Dans le cadre du contrat développement désendettement (Cd2), le Cameroun a bénéficié d'investissements significatifs de la France. D'un montant global de 213 milliards de FCFA pour le quinquennat 2011-2016, soit 139 milliards de FCFA en moins que pour le premier Contrat désendettement développement, le deuxième Cd2 pour principal axe le développement agricole au Cameroun. Reste à savoir si le «recentrage» de l'aide au développement par le gouvernement Ayrault n'affectera pas la dynamique enclenchée. La «mise à l'écart» du Cameroun par la France est d'autant plus surprenante qu'on a noté ces derniers mois comme un réchauffement des relations entre ces deux pays. La visite de Paul Biya en début d'année à Paris en était le signal le plus fort.

© GEORGES ALAIN BOYOMO | Mutations

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau