Affaire Franck Biya: Recherche effrénée des boucs émissaires

Quand survint l'affaire en milieu de mois dernier, on était loin d'y annexer des personnalités de la République. Mais au fil des jours, les défendeurs et affidés du chef de l'Etat y ont vu une opportunité unique pour lui témoigner leur loyauté, en démontant à l'occasion l'accusation selon laquelle Franck Emmanuel Biya aurait joué de trafic d'influence pour obtenir, de la Caisse Autonome d'Amortissement, le rachat à vil prix de la dette titrisée de l'Etat vis-à-vis des entreprises publiques évoquées supra.

En l'occurrence des titres aussitôt revendus à leur prix de maturation, faisant ainsi perdre au Trésor public la somme de F CFA 100 milliards. Et se fondant à l'occasion sur l'effacement du fils aîné du président de la République, ces derniers ont tôt fait de lui accorder le bénéfice du doute, non sans qu'ils voient en cette affaire quelque artifice visant à mettre à mal le chef de l'Etat lui-même pour des faits de discrimination dans sa lutte contre la corruption et l'enrichissement illicite. Analyse faite pourtant, les tergiversations de mise depuis peu et tenant de la volonté sibylline des affidés du régime de désigner des boucs émissaires, on comprend qu'on n'hésite pour ainsi dire pas à puiser dans le sillage du chef de l'Etat.

Dans cette optique, avant René Emmanuel Sadi aujourd’hui présenté comme l'un des instigateurs de cette cabale insidieuse, ce furent d'abord d'autres collaborateurs du chef de l’Etat qui, de l'avis des adeptes de la spéculation servile, entendaient ainsi couper l'herbe sous le pied de Franck Emmanuel Biya dans l'optique d'une hypothétique succession à la magistrature suprême. Car, c'est bien de cela dont il s'agit en filigrane même de l'avis général, le mis en cause aurait plutôt jeté son dévolu sur les affaires, au détriment de quelque succession au sommet de l'Etat comme certains autres fils de potentats africains. N'empêche que sachant bénéficier du statut qui est le sien et qui de fait lui accorderait de véritables passe-droits aux dires de l'Ong qui porta cette affaire au-devant de la scène, il était loin de s'imaginer qu'elle ferait un aussi important tollé.

Du coup, on comprend que réagissant comme à l'accoutumée, les affidés du régime en soient à réaliser des démentis allant dans tous les sens et surtout désignant des boucs émissaires pour garder sauve la dignité du fils aîné du chef de l'Etat. Mais y étant, ils ne s'offusquent guère que ces démentis prennent des allures d'une insidieuse cabale à l'encontre de certains proches collaborateurs du chef de l'Etat. Dans le cas d'espèce, René Emmanuel Sadi aurait-il quelque partie liée avec une affaire qui à aucun moment ne relève de ses compétences aussi bien au moment de sa survenance qu'en l'état actuel? La question mente d'être posée, même si ses détracteurs, c'est le cas de les qualifier ainsi, y voient insidieusement des manœuvres visant à écarter de potentiels adversaires dans l'optique de la succession au sommet de l'état, fort de ce que ces mêmes détracteurs lui attribuent de fait le statut de dauphin putatif de Paul Biya.

Insinuations malveillantes

Analyse faite, il s'agit, à n'en point douter d'insinuations malveillantes à plus d'un titre, tant il est vrai que les accusations portées à l'encontre de René Emmanuel Sadi relèvent de grossières supputations. Sinon, quelle corrélation aurait cette affaire avec la déchéance de Marafa Hamidou Yaya? Voudrait-on dès lors établir quelque parallèle inexistant du simple fait de l'accession de René Emmanuel Sadi au dernier poste qu'occupa ce dernier? Autant d'interrogations sans réponse qui, pourtant, auraient dû apporter davantage de lumière à la compréhension des accusations portées contre René Emmanuel Sadi. Pourtant, la même Ong qui porta au-devant de la scène cette affaire s'obligea d'analyser au mieux le mode opératoire ayant prévalu pour ce faire.

A l'occasion, elle n'a pas manqué d'en relever le caractère indu et à forts relents de népotisme institutionnel. Car, comment comprendre que des instructions y afférentes aient été données par le ministre des Finances de l'époque de la survenance des faits en 2006? Entendait-on réserver la primauté au fils du président de la République qui à l'occasion s'était mué en spéculateur financier? Des questions que balaie d'un revers de la main l'Ong pour ne s'en tenir qu'aux conséquences dramatiques qui s'en suivirent: des pertes d'opportunités pour le Trésor public évaluées à plus de F CFA 100 milliards. Loin de s'y tenir malheureusement, certains y auront vu la main occulte de René Emmanuel Sadi, quand bien même à la survenance des faits, il était loin d'être au-devant de la scène pour en maîtriser les contours nébuleux.

Épanchement

Quand bien même on semble avoir jeté l'opprobre sur René Emmanuel Sadi, il s'agit davantage des épanchements tant il est vrai qu'à aucun moment, on n'établit pas de façon nette le rôle qui aura été le sien. N'empêche que lui attribue au premier chef la volonté de chercher noise à Franck Emmanuel Biya sans dire pourquoi. Une légèreté qui frise indubitablement un cloisonnement à dessein de l'information, un peu comme ce fut déjà le cas lors de la mise en branle des cessions des titres aujourd'hui querellées. En effet, si d'aventure les opérations y relatives avaient fait l'objet de publicité conséquente comme requis par le marché financier, il n'y aurait pas eu à redire quand bien même c'est l'une des structures appartenant à Franck Biya qui aura raflé la mise. Car c'est bien à ce niveau que l'Ong a cru jaser en assimilant cela à quelque népotisme exacerbé, doublé au passage de volonté sibylline d'enrichir le fils-aîné du président de la République.

Peut-être aurait-on souhaité qu'il n'ait pas partie liée avec ces cessions et qu'on les concédât à d'autres Camerounais Mais le fait est fait, doit-on dire et cela ne saurait relever de quelque manœuvre de nuisance eu égard à la régularité de fait des-dites opérations en elles-mêmes. Aussi est-on en droit de penser que les accusés et singulièrement René Emmanuel Sadi en sont que des boucs émissaires circonstanciels choisis à dessein pour donner de la hauteur à la recherche effrénée de scoop par certains de nos confrères plutôt en mal d'informatisons fiables.

© Amadou Soulé (Le Detective) | Correspondance

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