Affaire CBC/Guinée Equatoriale: Paul Biya au secours d’Obiang Nguema – Arrangement a l’amiable entre Obiang et Yves Michel Fotso

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Le président de Guinée Equatoriale, Théodoro Obiang Nguema Mbatsogo est contraint de régler à Yves Michel Fotso sa dette de 50 milliards de FCFA dont il a obtenu gain de cause en 2009 devant la Cour commune de justice et d’arbitrage de l’Ohada.

Cette décision faisait suite à une plainte de l’ancien directeur général (Adg) de la Cameroon Airlines suite au refus du président Equato-guinéen de lui permettre d’implanter une branche de la Commercial Bank of Cameroon (Cbc) à Malabo, malgré un avis favorable de la commission bancaire d’Afrique Centrale en 2003 et un premier accord des autorités Equato-guinéennes.

En 2009, face à la réticence des autorités Equato-Guinéennes de se conformer au verdict de la Cour commune de justice et d’arbitrage de l’Ohada, l’affaire avait été portée devant la chambre exécutoire de Paris, qui le 15 juillet 2009 a donné mandat «à tous huissiers de justice, sur ce requis, de mettre la présente sentence à exécution, aux procureurs généraux et procureurs de la République française d’y tenir main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main forte.»

C’est donc face à l’entêtement d’Obiang Nguema à se départir des différents jugements prononcés, que les avocats parisiens d’Yves Michel Fotso commencent sérieusement à penser dès juillet 2009 à la confiscation des biens de l’Etat de Guinée Equatoriale. Cette idée sera matérialisée le 21 novembre 2012 à travers la saisie à Paris du Falcon 50 de la présidence Equato-guinéenne et d’un appartement des autorités de Malabo à Paris dans le 16e arrondissement, dont le coût a été évalué à plus près de 30 milliards de FCFA. Dans cette situation, Théodore Obiang Nguema, longtemps resté insensible aux requêtes du groupe Fotso, se décide à négocier.

La même semaine où l’avion est saisi, alors qu’Yves Michel Fotso a les yeux braqués sur le recouvrement des 236 millions Fcfa qu’il doit rembourser dans le cadre de l’affaire relative à l’autorité aéronautique civile, il est informé que la présidence de Guinée Equatoriale est prête à négocier avec lui. En guise de garantie, Obiang Nguema dépêche au secrétariat d’Etat à la Défense, où le fils du milliardaire de Bandjoun, Fotso Victor séjourne, un émissaire de très haut de la présidence de la République.

Après de brefs échanges, ce dernier retourne à Malabo informer son chef de l’Etat de la volonté de l’ancien Adg de la Camair de faire lever les saisies sur ses biens à une seule condition, que son argent soit payé.

Théodore Obiang Nguema, sous la contrainte n’a pas de choix. Il accepte de négocier. C’est alors que le président Equato-Guinéen décide d’informer son homologue camerounais, Paul Biya sur les démarches qu’il est en train d’entreprendre. Ce qui justifie en partie le voyage qu’il a effectué au Cameroun le 30 novembre dernier. Il venait informer les autorités camerounaises qu’il ne donnait pas «un trésor de guerre» aux Fotso, mais, qu’il voulait simplement se conformer à une décision de justice.

Paul Biya donne son accord pour la poursuite des négociations. Ce malgré le fait que certaines informations distillées par son entourage, tendaient à indiquer que la saisie des biens d’Obiang Nguema a été «largement le fait des réseaux français de Marafa Hamidou Yaya (lui aussi emprisonné avec Fotso)».

Certaines sources signalent d’ailleurs que les autorités camerounaises enquêtent sur ce sujet. De retour à Malabo, et après avoir obtenu le feu vert du Cameroun, le président de la Guinée Equatoriale ouvre des négociations avec la famille Fotso. Car à son absence (pour des raisons d’emprisonnement), il confie la gestion du dossier son grand frère Roger Fotso et à sa femme, Cécile Emerziane Fotso.

Ces deux personnes en compagnie des proches de la famille se sont rendues en Guinée Equatoriale au début du mois de décembre 2012 pour finaliser définitivement l’accord entre l’Etat de Guinée Equatoriale et le groupe Fotso.

«Après moult tractions, Yves Michel Fotso ne recevra pas 50 milliards FCFA (76 millions d’euro) tel que prévu par la condamnation, mais une bonne partie, évaluée à près de 30 milliards FCFA et le reste sera converti en possibilités d’implantation des sociétés.»

source: mutations

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