Affaire Adèle Mballa Atangana: Le dossier bientôt devant le conseil d'Administration de la Crtv

Faisant fi de l'existence d'un conseil d'administration à la Crtv, Amadou Vamoulké, le Directeur général de cette chaîne de télévision avait procédé au remplacement du Directeur du Centre de Formation Professionnelle de l'Audiovisuel de la Crtv, en violation des prérogatives du conseil. Depuis lors, la guerre est ouverte entre Issa Tchiroma, le ministre de la Communication et président du conseil d'administration de la Crtv, et son Directeur général.

L'affaire Adèle Mballa Atangana n'est que la goutte d'eau qui a débordé le vase. Une affaire qui fait grand bruit depuis peu dans la capitale politique où la célèbre journaliste a été traitée de tous les noms d'oiseau. En fait, tout part d'une mission qu'elle devait effectuer en Europe du temps où elle était Directrice du Centre de formation professionnelle de l'audio visuel (Cfpa) de la Crtv. «Généralement, c'est le Directeur général adjoint, Francis Wete, qui signe nos ordres de mission et quand il est absent, on scanne tout simplement sa signature. Et c'est ce que ma collègue a fait. Il n'y a aucun usage de faux, encore moins, elle n'a jamais été une voleuse comme l'ont prétendu certains journaux. C'est une cabale» nous précise un Directeur à la chaîne à capitaux publics.

Règlement de compte

C'est en tout cas ce que laissent penser les désormais ex-collaborateurs de l'ancienne présentatrice du 20 heures à la radio et à la télé. Au siège du Cfpa, on note qu'elle a été une bonne meneuse d'hommes qui a aussi eu ses faiblesses et grâce à elle, le centre a connu plusieurs innovations. Sur place, on nous confie qu'elle a souvent eu des prises de bec avec le Directeur général quand ce dernier s'opposait à sa vision de modernisation de l'institution, et que c'est encore grâce à son entregent que des mouvements d'humeur ont souvent été évités dans l'établissement.

Son remplacement par décision du Directeur général et l'installation de Madeleine Mitliassou sont des violations flagrantes des prérogatives du conseil d'administration qui est «la seule instance habilitée à nommer les directeurs. Ce que le Directeur général a fait est illégal et ressemble à un affront au ministre qui est son patron. C'est le conseil qui donne aussi son quitus pour d'autres mouvements au sein de la boite» lance le Pr Albert Mbida, Administrateur à la Crtv, qui ne manque pas d'émettre une réserve en précisant que «sauf si dans les coulisses, le président et le directeur général se sont entendu pour nous servir cette mise en scène qui à mon sens n'obéirait à aucune orthodoxie managériale».

Que cache donc cet acharnement sur la personne d'Adèle Mballa qui aura passé 7 ans comme Directrice de ce centre de formation? Pourquoi en 7 ans c'est seulement aujourd'hui qu'elle court le risque d'imiter la signature de son patron encore que rien ne le prouve? L'entourage du Dg n'arrive pas à démontrer que l'imitation de cette signature avait des fins de détournement ou de vol. C'est du moins la quintessence de la requête qu'elle a introduite auprès du ministre pour que réparation soit faite sur le tort que ce limogeage lui a valu. Son honneur et sa dignité sont au point zéro depuis lors.

Tchiroma dépassé

Le ministre de la Communication ne comprend pas les agissements du Directeur général de la Crtv qu'on tonnait pourtant pointilleux en matière de procédure, nous précisent avec force ses proches qui nous confient par la même occasion que c'est le deuxième affront qu'il subit. Il y a quelques mois, il avait instruit Vamoulké de ne pas donner de l'argent à la Socam et de surseoir à toute initiative allant dans ce sens. Peine perdue, la Socam a eu son argent.

Aujourd'hui, sans son aval, un directeur est nommé à la Crtv alors que les nominations à ce rang sont l'exclusivité du conseil d'administration pour sa part, Issa Tchiroma, qui disait être actuellement occupé à organiser les états généraux de la communication, explique clairement que c’est une situation qui sera réexaminée lors du conseil d'administration ordinaire de cette mi-décembre. Mais que peut-il quand on sait qu'au Cameroun; les conseils d'administration ne sont que des faires valoir sans aucune force de décision? En tout cas, on ne perd rien à attendre.

Source: Sans Détour

© Ferdinand NGOUN | Correspondance

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