ADIEUX AUX LIONS: DÉCISION IRRÉVOCABLE OU NOUVEAU CAPRICE D’UN ENFANT GÂTÉ?

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Appelez ça bouderie passagère, décision fantaisiste, one man show, folie de stars… Le monde entier retiendra que Samuel Eto’o a quitté aussi petitement les Lions indomptables à la mi-temps du match Cameroun-Libye du 08 septembre 2013. Le boulevard est ainsi ouvert à tous ceux de ses fans ou même ses détracteurs qui croient savoir quelles sont les véritables raisons qui ont poussé le feu-follet de l’équipe nationale fanion à claquer la porte de l’équipe qu’il a servie pendant seize bonne années de sa vie. Même si de façon officieuse on est tenté de se laisser dire que le doigt accusateur est pointé vers l’impossible symbiose avec le nouvel entraîneur Volker Finke, à qui il ne pouvait plus imposer ses vues. C’est ainsi qu’il n’a pas aimé le fait que ses protégés, en l’occurrence Achille Webo et Carlos Kameni, ne soient pas dans le 11 de départ. Pour lui, pour ce genre de match décisif, Eric Maxim Choupo-Moting qui surclassait Achille Webo, était très tendre.

 Quant à Charles Itandje, Samuel Eto’o aurait reproché au portier camerounais de n’avoir pas été là au moment opportun, notamment, quand le Cameroun le sollicitait et qu’il refusait de venir, rêvant de porter le maillot de l’équipe de France. Mais la question reste pendante : Samuel Eto’o pourra-t-il revenir sur sa décision ? Lui qui s’était déjà fait remarquer en juin 2011, lors d'un match qualificatif pour la Can contre le Sénégal, contestant publiquement les choix de son entraîneur Javier Clemente de remplacer N'guemo et Choupo-Moting par Bédimo et Chedjou. Avant la rencontre, Samuel Eto'o ne s'était en outre pas entraîné car « Alexandre Song avait refusé de lui serrer la main ». Six mois plus tard, en novembre 2011, l'ancien Barcelonais avait alors exhorté ses coéquipiers à boycotter un match amical contre l'Algérie, pour protester à cause des primes de match non payées. La Fédération camerounaise de football avait alors décidé d'infliger une suspension exemplaire de 15 matches au capitaine de la sélection. Sanction réduite après-coup à 8 matches, puis 5.

 Concertations au sommet

En janvier 2012, c’est Paul Biya himself qui décide de se pencher sur le cas Samuel Eto’o. Iya Mohammed est reçu en audience à la Primature par Philemon Yang, le Premier ministre. Un seul sujet au centre de cette rencontre : la suspension du capitaine des Lions indomptables qui vient d’essuyer les foudres de la Chambre d’homologation et de discipline de la Fécafoot. Il est question, pour le Premier ministre, de convaincre le patron de cette instance, de revenir sur la décision de l’instance juridictionnelle citée plus haut, qui a décidé de suspendre Samuel Eto’o Fils pour 15 matchs avec l’équipe nationale de football A du Cameroun. Le goléador est accusé d’avoir, au mois de novembre 2011, encouragé la fronde, incitant ses coéquipiers à ne pas se déplacer pour l’Algérie, où ils devaient disputer un match amical. De source bien informée, Philemon Yang a reçu les instructions de Paul Biya, le président de la République, pour demander que la peine infligée au capitaine des Lions soit revue. Quelques jours avant Philemon Yang, c’est Adoum Garoua, le ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep), qui recevait, chacun à son tour, Samuel Eto’o et Iya Mohamed. Pour les mêmes raisons.

 Entre le président de la Fécafoot et le ministre, il aurait été convenu, comme le prévoit l’article 43 alinéa 2 des statuts de la Fécafoot, que le Comité exécutif revienne sur le cas des sanctions, Eto’o ayant refusé de faire appel. Chose dite, chose faite. Toutes ces concertations au sommet montrent clairement que le premier sportif camerounais a cédé aux désidérata du Pichichi. Laissant croire aux Camerounais qu’il faut protéger nos idoles…

 Rappelé après la fin de sa suspension par le technicien français pour un match éliminatoire de la Can 2013, Samuel Eto'o va décliner la sélection, avant de se remettre à la disposition de l'équipe nationale un mois plus tard, sans réussir à accrocher de billet pour la Coupe d'Afrique 2013. Il a fallu lui faire des yeux doux en lui confiant à nouveau le brassard en septembre 2012, quelques jours seulement après la mise à l’écart de Lavagne et la désignation de Jean Paul Akono comme nouveau patron de l’encadrement technique des rois de la forêt. A un mois d'une confrontation décisive en barrages de la Coupe du monde, revoici le meilleur joueur de Russie en 2012 qui réédite le même scénario. Lui qui est prêt à bouder le quatrième Mondial de sa carrière. Zinedine Zidane, Luis Figo, David Beckam, Paolo Maldini, eux, ont tout donné à leur pays et sont sortis par la grande porte. Paul Biya va-t-il (une fois encore) se plier en quatre pour convaincre le meilleur joueur de l’histoire des Lions indomptables de rentrer dans la tanière? Tout est possible. Ne dit-on pas que les voix du palais sont insondables?

source: cameroon-infos

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