VIDEO: Au moins 77 morts dans un déraillement de train en Espagne

Mariano Rajoy, le président du gouvernement espagnol, doit se rendre jeudi matin sur le site d'un accident ferroviaire qui a tué au moins 77 personnes et a fait jusqu'à 131 blessés la veille près de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Galice, dans le nord-ouest de l'Espagne.

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Le dernier bilan en date du déraillement, donné par la Cour suprême de Galice, fait état de 73 tués sur les lieux de l'accident et de quatre morts supplémentaires à l'hôpital, ce qui témoigne de l'un des accidents ferroviaires les plus meurtriers de ces 25 dernières années en Europe. Un responsable gouvernemental a estimé, sous couvert d'anonymat, que l'hypothèse d'un attentat ou d'un sabotage était peu probable, alors que le souvenir reste vivace en Espagne des attentats commis par des islamistes radicaux en mars 2004 contre des trains de banlieue de Madrid, qui avaient fait 191 morts

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"Il est trop tôt pour en être sûr à 100%, mais la vitesse du train n'était probablement pas la bonne", a ajouté le responsable, tandis que le quotidien El Pais cite jeudi des sources qui affirment que le train circulait plus de deux fois plus vite que sa vitesse autorisée. Ce drame survient à la veille de la fête catholique de saint Jacques, évangélisateur de l'Espagne et près de son sanctuaire galicien où affluent chaque année de nombreux pèlerins.

L'office du tourisme de la ville a annoncé l'annulation de toutes les festivités. "Face à une tragédie comme celle qui s'est produite à Saint-Jacques de Compostelle, la veille du grand jour, je ne peux qu'exprimer ma plus grande sympathie en tant qu'Espagnol et Galicien", a déclaré Mariano Rajoy, lui-même né dans la ville.

CLINIQUES DÉBORDÉES

Le train qui reliait Madrid à la ville d'El Ferrol transportait 247 personnes et le déraillement s'est produit à 20h41, a précisé la Renfe , la compagnie des chemins de fer espagnols. Sur le site du journal Voz de Galicia, des photos montrent plusieurs voitures couchées sur le côté, de la fumée s'élevant des wagons accidentés.

"Dans une courbe, le train a commencé à bouger et les wagons se sont empilés les uns sur les autres", a dit un passager rescapé, Ricardo Montesco. "J'étais dans la deuxième voiture et il y avait du feu... J'ai vu plusieurs cadavres." Selon un journaliste de Cadena Ser, toutes les voitures du convoi ont déraillé et de nombreux corps recouverts de couvertures ont été déposés près de la voie. Les cliniques de la ville ont été vite débordées par l'afflux de blessés et les hôtels ont aménagé des chambres gratuites pour les proches des victimes. Le gouvernement central a dépêché des experts en médecine légale et des personnels soignants par avion spécial.

"La scène est choquante, c'est dantesque", a déclaré le président de la région de Galice, Alberto Nunez Feijoo, à la radio. Alors que le pays plongé dans la récession continue d'être secoué régulièrement par des manifestations contre l'austérité, les pompiers ont annulé un mouvement de grève pour participer aux secours tandis que les personnels d'hôpitaux, dont beaucoup ont vu leurs salaires réduits, ne comptaient pas leurs heures supplémentaires pour venir en aide aux blessés. L'accident est l'un des plus graves survenus ces 25 dernières années en Europe, le plus meurtrier restant l'accident de Kaprun en Autriche, en novembre 2000. Un incendie dans le tunnel d'un funiculaire avait enflammé un train bondé de skieurs, faisant 155 morts.

Avec Sonya Dowsett, Inmaculada Sanz, Sarah White, Andres Gonzalez, Blanca Rodriguez, Julien Toyer, Emma Pinedo et Raquel Castillo; Guy Kerivel, Jean-Stéphane Brosse et Julien Dury pour le service français.

© Miguel Vidal et Teresa Medrano | Reuters

 
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