Saïf al Islam comparaît pour la première fois en Libye

Saïf al Islam, fils de Mouammar Kadhafi, a comparu jeudi devant un tribunal libyen pour la première fois depuis sa capture en novembre 2011 après le renversement de son père. Saïf al Islam, qui était l’un des dignitaires du régime de Mouammar Kadhafi, est réclamé par la Cour pénale internationale (CPI). Sa comparution jeudi à Zentane, ville de l’ouest de la Libye près de laquelle il a été capturé par des révolutionnaires, n’avait pas trait à d’éventuels crimes de guerre, mais portait sur une rencontre en juin avec son avocate désignée par la CPI.

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Cette dernière, l’Australienne Melinda Taylor, a elle-même été placée en détention pendant trois semaines en Libye à la suite de cette rencontre, les nouvelles autorités libyennes l’accusant d’avoir remis à son client des documents susceptibles de nuire à la sécurité de la Libye. “Il est inculpé de collusion avec la délégation de la CPI qui est accusée de recel de documents et d’autres éléments relatifs à la sécurité de l’Etat libyen”, a dit Taha Baara, porte-parole du parquet.

“L’instruction avant son procès pour crimes de guerre est close et il sera jugé à ce titre ultérieurement”, a-t-il ajouté, précisant que le tribunal se réunirait à nouveau le 2 mai. La Libye refuse de transférer Saïf al Islam à la CPI et veut le juger elle-même.

Il encourt la peine de mort dans son pays. Ben Emmerson, avocat de la CPI, a estimé que l’a udience de jeudi avait pour objectif “d’intimider et de manipuler” le tribunal international.

“C’est une preuve manifeste que le Conseil de sécurité (de l’Onu) doit sanctionner la Libye pour ses violations flagrantes, délibérées et considérables de la résolution 1970″, a déclaré Ben Emmerson, qui doit défendre Abdallah al Senoussi, ancien chef du renseignement de Mouammar Kadhafi et accusé aux côtés de Saïf al Islam.

Les avocats de la CPI disent que la résolution 1970 oblige la Libye à coopérer avec la justice internationale et ils menacent le pouvoir central de Tripoli, qui n’exerce quasiment aucun contrôle sur Zentane, d’en référer au Conseil de sécurité.

Reuters

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