Russie : 20 000 personnes dans la rue contre la loi interdisant l'adoption d'enfants russes par des Américains

Au moins 20 000 personnes ont défilé cet après-midi à Moscou contre l’interdiction de l’adoption des enfants russes par les Américains. Cette disposition, entrée en vigueur le 1er janvier, s’inscrit dans le cadre de la riposte de la Douma au vote du Sénat américain de la « liste Magnitski », un texte qui interdit de séjour aux Etats-Unis les Russes considérés comme responsables de violations des droits de l’homme. La réponse des parlementaires russes, considérée comme disproportionnée, suscite l’indignation d’une large partie de la société civile.russie-marche-0.jpg

Cela faisait plusieurs mois qu’ils n’avaient pas été si nombreux dans les rues de Moscou. Cette fois-ci, on entendait peu de slogans anti-Poutine, mais un cri répété :

« Honte à la Douma ». Avec cette interdiction, le Parlement russe prend au piège 52 enfants en cours d’adoption, et bien souvent handicapés. « Au nom de leurs sales manœuvres politiques, ils abandonnent les plus inoffensifs, les plus vulnérables, les plus démunis de nos enfants ! », s’indigne Olesya Pojarskaya, bénévole d’un fonds d’aide à l’enfance. C’est tout simplement horrible. Tout a été dit : c’est du cannibalisme ! » La marche était avant tout en soutien aux 52 enfants concernés, mais a agi aussi comme une prise de conscience de l’absence de politique nationale de soutien aux familles et aux enfants, notamment handicapés.

« Messieurs Poutine et Medvedev, occupez vous vous-mêmes des enfants handicapés ! », crie Piotr Illiouchine en brandissant une photo de son fils de 10 ans, atteint de paralysie cérébrale.

« En Russie, on assiste au génocide de ces enfants ! Parce que les mères qui ont un enfant handicapé reçoivent de l’Etat un peu plus de 1000 roubles par mois, juste assez pour un peu de pain et de lait chaque jour », ajoute-t-il.

Au total en Russie, 120 000 enfants vivent dans des institutions. La majorité d’entre eux ne sont pas orphelins. Ils ont des parents, hélas, trop démunis pour les assumer.

Source: RFI

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