Résolution de la crise centrafricaine: Idriss Deby veut impliquer Paul Biya

Paul Biya, le Président de la République, a reçu dimanche (chose rare) dernier, Mahamat Moussa Faki, le Ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration du Tchad.

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Il est venu rencontrer Paul Biya à la demande d’Idriss Deby Itno, le Président de la République du Tchad et surtout président en exercice de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (Ceeac). Que demande exactement Deby à Biya? L’émissaire tchadien explique que sa visite rentre dans le cadre d’une concertation engagée par Idriss Deby avec ses paires d’Afrique afin de trouver une solution à la crise centrafricaine. Selon nos informations, un sommet de Ceeac sera convoqué bientôt. Paul Biya lors du sommet extraordinaire de cette instance en octobre dernier à N’Djamena s’est fait représenter par son Premier Ministre. En 2012, dans une rencontre toujours sur la Centrafrique, le Chef de l’Etat avait envoyé Edgard Alain Mebe Ngo, le Ministre de la Défense, le représenter. Cet émissaire a-t-il pour mission de convaincre Paul Biya de prendre part personnellement à ces concertations qu’il juge «très importantes»? Une source proche de l’ambassade du Tchad au Cameroun le croit fermement.

«Pour gérer la crise centrafricaine à l’échelle régionale, il est indispensable que les présidents Deby et Biya regardent vers la même direction », explique-t-il. L’on se rappelle bien qu’au début de la crise, les deux chefs d’Etat appréciaient les faits différemment. Mars 2013, Bozizé en fuite est logé au Hilton de Yaoundé aux frais de l’Etat du Cameroun. Il bénéficie même d’une garde rapprochées dépêchée à la demande de Paul Biya, qui lui offre par la suite, une villa pas très loin de son palais. Mieux, pendant ce temps, chose rare, il a accordé des interviews dans lesquelles il indexait directement Idris Deby Itno comme étant le, responsable de sa chute et du chaos qui s’installait en Rca. Paul Biya habitué à expédier ce genre de personnage a préféré le garder au Cameroun.

Ce qui ne serait pas du goût de Deby. S’il ne dit rien, son compatriote Ahmat All-Amy, par ailleurs secrétaire général de la Ceeac, avait eu ces mots à l’endroit de Bozizé: «Je pense que le principal coupable, celui qui doit être poursuivi par la communauté internationale, par la Cpi, c’est M. Bozizé. Il a créé les anti-Balaka au mois de mars 2013, avant de quitter le pouvoir, il a monté une partie de sa population contre les autres Centrafricains. C’est celui-là qui est responsable».

A ce stade de la crise centrafricaine, tous les pays de la zone Cemac sont donc concernés.

Le Tchad au premier chef. Sa sécurité intérieure dépend d’un pouvoir fort à Bangui qui doit veiller sur leur frontière commune. Ses ressortissants, en milliers, sont aujourd’hui amassés à N’Djamena. Certains sans attaches familiales. Ses soldats à Bangui et ses ressortissants restés là-bas sont tués ou caillasses, parce que soupçonnés d’être proches de la Seleka, la bande armée qui a conduit Djotodia au pouvoir. Les autres pays ne sont donc pas à l’abri. Tous ont en tout cas choisi de rapatrier leurs compatriotes. Le Cameroun, lui, est victime d’intrusions de bandes armées dans son territoire. Ses militaires sont régulièrement tués. Chacun a donc intérêt à ce que la situation se stabilise. Mais, le préalable, c’est une convergence de vues des chefs d’Etat, à commencer par une rencontre au sommet.

@Le Jour

 
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