République centrafricaine: Le fauteuil du président en danger - Des renforts de la force régionale pour sécuriser Bangui

La Fomac qui compte déjà 500 militaires en République centrafricaine va se voir renforcé de nouveaux soldats dans les heures qui viennent. Il est urgemment question d’empêcher les rebelles qui ont réussi à prendre le contrôle de la majorité du territoire centrafricain en deux semaines de conquérir Bangui la capitale qui compte 600.000 habitants. Une avancée rapide qui inquiète les autorités centrafricaines et la communauté internationale. Selon des sources bien informées, les rebelles étaient hier à 75 km de Bangui. Une mission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (Ceeac) est arrivée hier matin à Bangui. Dans un entretien accordé à l'émission Newsday de la Bbc, Le ministre centrafricain de l'Administration des territoires, Josué Binoua, a accusé jeudi matin les rebelles de « double langage ».

La Rca contrôlée aux 3/4 par la rébellion

Tout en reconnaissant que l'armée centrafricaine n'avait pas suffisamment de moyens pour faire face seule à la rébellion, le ministre centrafricain des Territoires a indiqué que l'ultimatum de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac) demandant aux rebelles de cesser les combats et de se retirer des zones qu'ils occupent expirait dans 24heures. C’est que la coalition rebelle centrafricaine Seleka - qui compte désormais 4 groupes avec le ralliement du Fdp d'Adoubalye Miskine, contrôle désormais 9 villes avait déclaré lundi « l'arrêt de ses opérations » pour ouvrir un couloir humanitaire.

Dans un communiqué publié par l’Afp, le Seleka déclarait « l'arrêt de ses opérations sur toutes ses positions en vue de permettre aux Ong humanitaires de porter secours aux personnes déplacées (...) », mais aussi demandait « au régime de François Bozizé d'observer un cessez-le-feu en vue de favoriser la préparation du dialogue (...) prévu à Libreville ». La rébellion disait se tenir « à la disposition des Ong afin d'organiser l'accès aux prisonniers » de l'armée régulière.

Les personnes détenues par les rebelles sont au nombre 39. Le gouvernement centrafricain s'était dit lundi prêt à dialoguer avec la rébellion du Seleka à condition que les insurgés se retirent des positions conquises depuis le depuis de leur offensive. Dans un communiqué, le ministre centrafricain de l'Administration du Territoire Josué Binoua déclarait que : « Le gouvernement reste disponible pour le dialogue à Libreville dès que le retrait des rebelles des localités occupées sera effectif », avait-il affirmé : « Le gouvernement demande par conséquent aux rebelles de cesser instamment les hostilités et de se retirer des localités occupées pour donner toutes les chances au dialogue de Libreville », avait-il poursuivi.

Sit-in pro- Bozizé devant des ambassades

Les rebelles en Centrafrique avaient déjà annoncé un cessez-le-feu vendredi, mais poursuivi leur avancée durant le week-end, au point de prendre le contrôle dimanche de Bambari, la troisième ville du pays, à 385km de Bangui la capitale. Ainsi que Kaga Bandoro mardi, une ville située à 300 km de Bangui. En début de semaine, les rebelles avaient déclaré avoir pris plusieurs villes dans le nord dont la ville diamantifère de Bria. Réunis à N'Djamena vendredi dernier, les chefs d'Etats de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (Ceeac) avaient appelé au dialogue, tout en demandant à la rébellion de quitter « sous une semaine » les positions conquises.

Les rebelles de la coalition Séléka avaient dit ne pas vouloir mener la bataille de Bangui. A travers un communiqué, les rebelles avaient invité « tous les éléments de forces de défense et de sécurité encore fidèles au régime de François Bozizé à déposer les armes immédiatement ». La cause étant selon eux entendue. A savoir que «le général François Bozizé a déjà perdu le contrôle du pays », soulignait le communiqué. Mercredi, les proches du régime ont observé un sit-in bruyant devant l'ambassade des Etats-Unis. Ils se sont rendus ensuite à l'ambassade de France, où ils ont cassée des vitres à l'aide de projectiles. Les manifestants disaient ne pas comprendre la passivité de la France.

Retrait des personnels des Etats-Unis et de l’Onu Ces manifestants estiment que Paris doit intervenir sur la base d'un accord de défense qui unit les deux pays. Dans le cadre de la mission Boali, ils assurent un soutien technique et opérationnel à la Mission pour la consolidation de la paix en république centrafricaine (Micopax), sous mandat de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (Ceeac). Les Nations unies et les Etats-Unis ont annoncé mercredi le retrait de la République centrafricaine de tous leurs employés jugés non indispensables. 200 personnels de l’Onu sont concernés par cette mesure. Le Département d'Etat américain facilite le départ des Américains qui le souhaitent. C’est le 10 décembre dernier que la rébellion a pris les armes pour réclamer le respect de différents accords de paix conclus entre 2007 et 2011.

© Edmond Kamguia K. | La Nouvelle Expression

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