PREMIÈRES DAMES : SEXE, ARGENT ET POUVOIR

chantal-biya-carla-bruni150710300.jpgL’actualité de deux ex-Premières Dames, dont les illustres époux figurèrent durant des années, parmi les hommes les plus puissants de la planète, est plutôt explosive. Du fait notamment des révélations dont la presse internationale s’est goulûment fait l’écho. Il s’agit de Cécilia ex-Sarkozy, épouse Attias, et d’Hillary Rodham, épouse Clinton.

Cécilia vient de publier un livre-confession qui fait état de ses aventures ou de ses mésaventures, c’est selon, vécues aux côtés de Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa, 6e Président de la 5e République française.

Hillary, de son côté, fait l’objet de toutes les attentions dans son pays. Une ex-amante de son époux, William Jefferson Clinton, 42e Président des Etats-Unis, vient de jeter un pavé dans la mare. Hillary, la sainte nitouche supposée, celle dont le mari s’était fait faire la plus célèbre fellation de l’histoire, dans le sacro-saint Bureau Ovale de la Maison Blanche, par une stagiaire [Monica Lewinsky], celle qu’on présente comme possiblement future Présidente de la première puissance mondiale, serait lesbienne. Elle aurait même une amante connue : son ex-directrice de cabinet. Plus étonnant encore, Bill le sait, et il s’en f… !

Des scénarii inénarrables, dont il faut se demander s’ils sont possibles en Afrique. Une épouse de chef d’Etat sous les tropiques, peut-elle offrir ce qu’elle a de plus intime à un [e] autre partenaire que son illustre homme ? Est-il pensable que l’épouse d’un chef d’Etat d’une République « gondouanaise » puisse unilatéralement décider de divorcer d’icelui ?

Il est difficile de répondre au premier questionnement. Cela l’est d’autant plus que, si on prend en compte des considérations psychoculturelles, chez nous, la vie privée des hommes et des femmes publics est bunkérisée dans l’intimité. Contrairement à celle des personnalités publiques d’au-delà des mers, qui est régulièrement dénudée par la gent médiatique, donnant lieu à un étalage d’extimité parfois outrancier.

Mais, en dépit des précautions prises, en l’occurrence par les services de surveillance rapprochée, il arrive que des informations fuitent.

Comme cette affaire sulfureuse qui, en 1979, fit les choux gras de la presse hexagonale. Ouest-France, le grand quotidien régional, relate un fait divers troublant. Le 27 octobre 1979, vers 22 heures, un homme est retrouvé mort, devant son domicile. Il a été abattu de deux balles tirées à bout portant. L’homme s’appelle Robert Luong. C’est un métis français d’origine vietnamienne. Ce qui apparaît a priori comme un crime banal, va devenir une affaire d’Etat.

Car, Robert Luong n’est pas n’importe qui. Il avait travaillé comme décorateur dans le palais du Président Omar Bongo à Libreville. Et l’occasion faisant le larron, il s’est « occupé » de Marie-Joséphine, l’épouse du maitre des lieux. Omar Bongo ayant découvert le pot aux roses, va expulser son incivil et imprudent rival, en lui interdisant de s’approcher de sa femme.

Mais rien n’y fait. Les deux tourtereaux continuent de se voir en secret dans les luxueux hôtels parisiens. Cette scène surréaliste racontée par le Canard Enchainé, le confirme : « Une nuit dans un palace, les clients sont réveillés par des vociférations, des hurlements, des cris. C'était Omar en personne qui venait surprendre l'amant. Mais ce dernier a réussi à s’enfuir, et Marie-Joséphine subit les foudres de son maître… » Le soir même, l’amant est retrouvé mort. Marie-Joséphine est tellement affectée qu’elle finit par demander le divorce.

Cette anecdote démontre que ces Premières Dames qui nous fascinent tant, ne sont pas nécessairement aussi heureuses qu’on le pense. Leurs sourires sont souvent factices et ne sont destinés qu’aux photographes. En 1994, la belle image d’un vieil homme au pas encore alerte, Nelson Mandela, au bras de son épouse Winnie, avait été vue et applaudie en mondovision. Après 27 ans de prison, le couple mythique s’était reformé. Côté cour. Côté jardin, Mandela était plongé dans une profonde solitude. La BBC relate une anecdote. Le jour de sa libération, Nelson Mandela est accompagnée par sa femme jusqu’à leur domicile. Quelques minutes après, elle ressort et s’engouffre dans une berline conduite par un jeune avocat qui était son amant ! Le grand homme venait d’être abandonné par une femme amoureuse d’un autre.

Mais le cas Marie-Joséphine est exceptionnel. Qu’elle soit heureuse ou pas, une Première Dame en Afrique pourrait difficilement rompre avec son homme. Elle se contenterait donc de jouir des ors du pouvoir. Leïla Ben Ali à qui on prêtait des relations adultérines, n’aurait accepté de demeurer l’épouse de Ben Ali que parce que celui-ci était une source inépuisable d’enrichissement et de constitution d’un vaste réseau d’influence à connotation mafieuse. Mamadie Conté, la plus jeune et la favorite des quatre épouses du Président guinéen, avait profité de la maladie du vieux général pour lui faire signer des contrats miniers qui lui avaient rapporté des commissions de l’ordre de 3 milliards de FCFA. Conté à peine enterré, elle s’est empressée de prendre le premier vol en direction des Etats-Unis où elle s’est achetée à la vitesse d’un éclair, deux villas cossues dans la Cote Est…

Ces « Présidentes » sont à certains égards des femmes fatales qui, à défaut d’être les inconditionnelles de leurs maris, usent parfois de leurs charmes et de leur position privilégiée pour asseoir un pouvoir parallèle. Celui-ci peut quelquefois avoir un contenu d’influence aussi pansu que le pouvoir constitutionnel du Président.

Elles ne sont donc pas seulement des femmes de pouvoir. Elles sont des femmes au pouvoir. Simone Gbagbo, Rosine Soglo, Leïla Ben Ali… ont codirigé leurs pays respectifs. Elles ont eu d’illustres prédécesseurs dans l’Histoire. Nefertiti [ 1370-1334 av. JC] avait eu une grande influence sur l’Egypte aux côtés du grand Pharaon Akhenaton, père du légendaire Pharaon, Toutankhamon. Cléopâtre (323-330 av. JC), charismatique Reine d’Egypte, eut successivement pour amants les Empereurs romains Jules César et Marc Antoine.

On a beaucoup parlé de phallocratie. Il va falloir désormais se familiariser avec la gynocratie, la vaginocratie ou l’utérocratie…

© La Voix : Innocent Ebodé

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