New York, premier Etat à durcir ses lois sur les armes après la tuerie de Newtown

Un mois après le massacre des petits écoliers de Newtown, dans le Connecticut, l'Etat de New York doit devenir mardi le premier à renforcer ses lois sur les armes, déterminé selon son gouverneur à montrer la voie au pays.new-york.jpg

Un mois après le massacre des petits écoliers de Newtown, dans le Connecticut, l'Etat de New York doit devenir mardi le premier à renforcer ses lois sur les armes, déterminé selon son gouverneur à montrer la voie au pays. Le gouverneur démocrate Andrew Cuomo avait la semaine dernière invité la législature de son Etat, où les lois sur les armes étaient déjà parmi les plus contraignantes des Etats-Unis, à passer "la loi la plus stricte du pays concernant les fusils d'assaut", "pour montrer la voie" et "mettre fin à la folie". Les discussions n'ont pas traîné : le Sénat à majorité républicaine a voté 43-18 pour de nouvelles restrictions dans la nuit de lundi à mardi, la Chambre à majorité démocrate a commencé à en discuter mardi et devait voter dans la journée.

La nouvelle loi précise et élargit la définition des armes d'assaut interdites, comblant ainsi plusieurs lacunes de la loi actuelle. Elle interdit les chargeurs de plus de sept balles, rend obligatoire la vérification des antécédents des acheteurs, y compris pour les ventes privées et pour les ventes de munitions.

Pour éviter des massacres tel celui de Newtown - perpétré par un jeune déséquilibré qui a tué 20 enfants de CP et six membres du personnel d'encadrement avant de suicider le 14 décembre - les personnels de santé devront également signaler des patients qu'ils estiment dangereux. S'ils ont accès à des armes, celles-ci pourront être saisies par les autorités.

Deux autres Etats aux gouverneurs démocrates, le Delaware (nord-est) et le Maryland (est) ont également annoncé cette semaine leur intention de durcir leurs lois sur les armes avec des mesures similaires. Le Delaware, dont le procureur général Beau Biden est le fils du vice-président Joe Biden, entend également interdire la présence des armes dans un périmètre de 300 mètres autour des écoles.

Une majorité d'Américains pour interdire les fusils d'assaut Le débat sur les armes n'a pas cessé depuis le massacre de Newtown, l'un des plus graves jamais commis dans un établissement scolaire américain, et l'un des plus traumatiques, en raison de l'âge et du nombre des victimes. Au niveau fédéral, la bataille pour faire évoluer la loi s'annonce cependant particulièrement ardue, dans un Congrès extrêmement polarisé, où les républicains n'entendent rien céder au président Obama.

Le lobby des armes, la puissante NRA (national rifle association) s'oppose également à tout changement des lois. Le président démocrate, qui avait demandé des recommandations à son vice-président Joe Biden pour éviter de nouvelles tragédies après Newtown, a annoncé lundi qu'il en donnerait le détail dans les jours qui viennent. Il entend, a-t-il expliqué, "se concentrer sur ce qui cohérent, sur ce qui fonctionne", évoquant en particulier "une interdiction des armes d'assaut" parmi les choses qui, selon lui, sont "sensées".

"Est-ce que toutes ces propositions seront adoptées par le Congrès ? Je ne sais pas", a-t-il cependant reconnu. Certaines mesures évoquées depuis Newtown, et notamment cette interdiction des fusils d'assaut (loi qui existait entre 1994 et 2004 mais n'a pas été prolongée) semblent pourtant avoir désormais le soutien d'une majorité d'Américains, selon deux nouveaux sondages cette semaine. 55% y sont favorables (40% y sont opposés) selon le centre de recherches Pew.

Un sondage Washington Post/ABC News, donne des pourcentages comparables, à 58% contre 39%. Et une immense majorité des Américains, selon Pew, est également favorable à la vérification des antécédents de tous les acheteurs d'armes (ventes privées et publiques), à 85% contre 12%, démocrates comme républicains.

De la même façon, 80% des Américains veulent qu'on empêche les déséquilibrés d'avoir accès aux armes. Mais, souligne Pew, le consensus politique disparaît dès qu'on parle d'autres mesures.

© 2013 AFP

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