NELSON MANDELA A ENTAMÉ SON TROISIÈME MOIS À L'HÔPITAL

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Les docteurs ont réussi à contenir la situation et il respire normalement maintenant

L'ancien président sud-africain Nelson Mandela a entamé jeudi son troisième mois à l'hôpital où il est toujours, selon les autorités sud-africaines, dans un état critique mais stable après avoir frôlé la mort fin juin.

Selon son ex-épouse Winnie, Mandela, qui souffre d'une infection pulmonaire, respire normalement alors que des visiteurs avaient affirmé qu'il était sous assistance respiratoire début juillet.

Les docteurs ont réussi à contenir la situation et il respire normalement maintenant, a déclaré l'ancienne femme de Mandela dans une interview accordée à la chaîne de télévision Sky News, sans préciser ce qu'elle entendait par normalement.

Autour de nous, nous voyons des gens lui rendre hommage, le donner pour mort et se préparer pour les funérailles, a poursuivi l'ancienne pasionaria des townships, qui fut le plus fervent soutien de Mandela pendant ses vingt-sept années passées dans les geôles du régime ségrégationniste de l'apartheid.

Il est enterré par anticipation. Est-ce que les gens ne pensent pas à nos sentiments?, a-t-elle interrogé, qualifiant la situation de cruelle et affirmant que Mandela continue à cligner des yeux lorsque ses enfants lui rendent visite.

Un petit groupe de journalistes s'était rassemblé dans la matinée devant le Mediclinic Heart Hospital de Pretoria, la clinique privée où est soigné le héros de la lutte anti-apartheid, devant laquelle est garée une file de véhicules de transmission satellite.

Depuis son hospitalisation en urgence le 8 juin pour une infection pulmonaire, les messages de soutien à Madiba --posters, dessins, lettres-- ne cessent de recouvrir les grilles de l'hôpital, alors que la police continue à surveiller les entrées et sorties de voitures.

Dieu doit lui venir en aide, a expliqué Elizabeth Thembo, une femme de ménage de 63 ans sortant de l'établissement.

C'est assez douloureux en fait. Nous ne voulons pas admettre la vérité, a confié Rethabile Maake, une étudiante de 21 ans.

Le Prix Nobel de la paix, qui a eu 95 ans le 18 juillet, est considéré comme un véritable saint dans son pays, qui appréhende sa disparition. Depuis qu'il est entré à l'hôpital, tout va mal, a déploré Tshepo Rampou, un étudiant de 19 ans vêtu d'un tee-shirt vert affichant l'image de Che Guevara. Les gens semblent avoir oublié l'importance du maintien de la paix, ajoute-il, dénonçant la criminalité et la corruption au sein du gouvernement.

Stan Kgomotso, un jeune chômeur de 23 ans croisé près de la clinique, craint également le retour de la violence, inquiet d'entendre certains partis politiques rejeter l'idée d'une Afrique du Sud unifiée. Vous savez, ils n'aiment pas les Blancs, explique-t-il.

Mais les Blancs sont ceux qui injectent l'argent dans le pays. Si Mandela s'en va, je crois que ce sera le chaos. Les problèmes pulmonaires de Mandela sont probablement liés aux séquelles d'une tuberculose contractée pendant son séjour sur l'île-prison de Robben Island, au large du Cap, où il a passé dix-huit de ses vingt-sept années de détention.

Après son anniversaire le 18 juillet, le prochain jour de recueillement est annoncé pour le 17 août: un Nelson Mandela Sport & Culture Day, avec notamment au programme, à Soweto, les matches Afrique du Sud-Argentine en rugby et Afrique du Sud-Burkina Faso en football.

source AFP

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