Le pape François confirme la remise au pas des religieuses américaines

Le pape François a confirmé lundi la remise au pas, entamée sous Benoît XVI, des religieuses américaines jugées trop féministes et radicales par le Vatican, qui leur demande de coopérer pleinement avec les évêques américains

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.Le président de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), l'archevêque allemand Gerhard Ludwig Müller, a rencontré au Vatican les responsables de la Conférence de direction des femmes religieuses (LCWR), qui représente 57.000 religieuses, soit 80% des religieuses américaines. Mgr Müller leur a dit avoir discuté récemment avec François de l'évaluation doctrinale effectuée par l'archevêque de Seattle (nord-ouest), Mgr Peter Sartain, et remise en avril 2012 à la LCWR. Mgr Sartain s'était vu confier, avec le soutien de Benoît XVI à la mi-janvier 2011, une mission de remise au pas de la LCWR.

Cette initiative avait fait grincer des dents les religieuses et provoqué un mouvement de solidarité en leur faveur.Le pape a réaffirmé les conclusions de l'évaluation et le programme de réforme demandé à la LCWR, a ajouté Mgr Müller. La délégation de la LCWR, emmenée par Soeur Florence Deacon, a rencontré Mgr Müller, l'archevêque Sartain, et le prélat espagnol Luis Ladaria, secrétaire de la CDF --considéré comme proche du nouveau pape--. Elle a qualifié dans un communiqué laconique l'entretien d'ouvert et franc. Nous prions pour que les conversations portent du fruit pour le bien de l'Eglise, a-t-elle dit.

Les religieuses sont en conflit avec le Vatican, qui leur reproche des prises de position trop libérales sur la contraception, l'avortement et l'homosexualité, en désaccord avec le magistère de l'Eglise.En août dernier, 900 déléguées de la LCWR s'étaient réunies en congrès à Saint-Louis (Missouri, centre) pour tenter d'apaiser le conflit. Leurs dirigeantes s'étaient déclarées prêtes à un dialogue franc et honnête avec le Vatican, tout en restant fermes sur leurs principes qui ne souffrent pas de compromission.

Le prédécesseur de Mgr Müller, l'Américain William Levada, avait reproché à la LCWR son absence de soutien aux enseignements de l'Eglise sur l'ordination des femmes et sur l'homosexualité et son silence sur l'avortement ou l'euthanasie.Dans le communiqué publié lundi, Mgr Müller salue tout d'abord le dévouement des religieuses dans les hôpitaux, écoles et institutions caritatives. Un engagement social incontesté que le Vatican n'a jamais critiqué.Mais, poursuit-il, une conférence de supérieures religieuses comme le LCWR existe pour promouvoir des efforts communs parmi ses institutions, ainsi que la coopération avec la conférence des évêques et avec chacun des évêques. Pour cette raison, de telles conférences sont constituées par le Saint-Siège et restent sous sa direction, a clarifié le préfet de la CDF, dans un clair appel à l'obéissance.

par liberation

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