France:L'heure du verdict pour Krombach

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La cour d'assises du Val-de-Marne rend son verdict jeudi à l'encontre de Dieter Krombach, 77 ans, jugé en appel depuis plus de trois semaines pour le meurtre de sa belle-fille Kalinka Bamberski en 1982, et contre lequel 15 à 18 ans de réclusion ont été requis.

Le vieux médecin allemand, qui nie toute implication dans la mort de sa belle-fille, sera fixé sur son sort dans la journée, après avoir eu la parole en dernier le matin. Mercredi, l'avocat général Jean-Paul Content a défendu le scénario d'un Krombach qui a donné des somnifères à Kalinka, puis, une fois endormie, a voulu abuser d'elle sexuellement, provoquant une réaction ayant conduit à l'asphyxie, puis à la mort.

Une thèse qui ne tient pas, selon les avocats de la défense Mes Yves Levano et Philippe Ohayon, qui ont plaidé mercredi l'acquittement. "Il va falloir que vous trouviez dans le dossier les preuves que c'est ce qui s'est réellement passé", avait rétorqué le premier, tandis que le second arguait d'un "dossier construit en grande partie par M. Bamberski".

Au cours de ce nouveau face à face avec André Bamberski, le père de Kalinka, Dieter Krombach, souvent décrit comme un séducteur, est apparu fatigué, se déplaçant avec une canne, et s'endormant durant les audiences, malgré des horaires aménagés. Bamberski lui, la diction lente mais affirmée, les cheveux blancs, le dos voûté, a voulu s'emparer de ce procès, qu'il avait promis à Kalinka face à sa tombe.

Il a donc, au deuxième jour d'audience, remercié ses avocats, afin d'assurer seul sa défense, dans ce dossier qu'il connaît par coeur. "Au bout de ses bras" "Depuis 30 ans, cet homme porte ce dossier sur ses épaules, et même au bout de ses bras. Sans lui, il n'y aurait jamais eu de procès", a salué mercredi l'avocat général. "Il y a eu cet enlèvement, mais la cause est juste", a-t-il rappelé, faisant référence à l'interpellation rocambolesque, en octobre 2009 à Mulhouse, du docteur Krombach, retrouvé pieds et poings liés dans une rue, après son rapt en Allemagne pour le compte d'André Bamberski.

A l'autre bout du banc des parties civiles, se tenait Danielle Gonnin, son ex-femme, la mère de Kalinka, avec laquelle il n'a quasiment pas échangé de paroles. Cette femme discrète et douce, à l'accent du sud, a dit n'avoir pas douté de l'innocence de son ex-mari Dieter Krombach, jusqu'à ce qu'elle se constitue partie civile en 2010, et ait accès au dossier. Vendredi, le docteur Krombach a émis l'hypothèse d'une erreur médicale, ayant administré à Kalinka un somnifère qu'il ne connaissait pas, qui aurait pu provoquer le décès: "J'aurais dû avoir pris (sic) un produit que je connaissais bien". "Il a fait l'expérience sur ma fille.

Je viens d'entendre (...) qu'il ne connaissait pas les conséquences" de ce médicament, avait réagi à la barre Danielle Gonnin. André Bamberski, lui, reste persuadé, comme il l'est depuis qu'il a lu le rapport d'autopsie, quatre mois après le décès de sa fille, que Dieter Krombach a violé Kalinka avant de la tuer pour cacher son crime sexuel. "En la violant, il s'est rendu compte qu'il devait la tuer", a-t-il affirmé mardi dans sa plaidoirie de partie civile. En octobre 2011, Dieter Krombach avait été condamné à quinze ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Paris.

© 2012 AFP

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Date de dernière mise à jour : 20/12/2012