Enlevé au Ghana et interné au secret en Côte d’Ivoire : Blé Goudé subit un traitement inhumain

Le lieu de détention et les conditions de sa détention tels que décrites par le président du Cojep constituent manifestement une menace pour la vie de Blé Goudé. Et pourtant la communauté internationale se tait. Notamment la Cellule des Droits de l’Homme de l’Onuci. Demain sera certainement trop tard. Et on versera des larmes de crocodile.

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Il y a plusieurs façons de conduire un homme à la mort. On peut le fusiller à bout portant. On peut le tuer à l’arme blanche. On peut l’empoisonner. Mais on peut aussi le tuer à petit feu en le soumettant à une torture qui, même douce, peut lui causer à court ou à long terme la mort. Ceux qui ont enlevé le président du Cojep, Charles Blé Goudé, et qui le gardent en un lieu secret ont certainement choisi la dernière stratégie pour le mettre définitivement « hors d’état de nuire ».

En effet, présenté avant-hier mercredi 29 janvier à un juge au tribunal d’Abidjan-Plateau, Charles Blé Goudé a refusé d’aborder la question de fond tant qu’il n’aura pas été transféré dans une prison de la place. Notamment la Maca. En Côte d’Ivoire, en matière de justice, la place de tout citoyen placé sous mandat de dépôt se trouve dans l’une des prisons du pays. Dans le cas de Blé Goudé, bien que placé sous mandat de dépôt, il est gardé dans un lieu tenu secret par ses ravisseurs. Ce lieu est même inconnu de ses avocats.

Pire, Blé Goudé lui-même affirme ne pas être en mesure de situer géographiquement le lieu où il est gardé au secret. Cela signifie qu’au moment où on le conduit dans ce lieu ou au moment où l’extrait de là pour le conduire devant le juge, il est encagoulé. Et une fois à l’intérieur de son lieu de détention, il n’a aucun contact avec l’extérieur. Et donc, comme c’était le cas pour le président Laurent Gbagbo à Korhogo, Blé Goudé ne voit ni le soleil, ni la lueur du jour.

Pour tout dire, Blé Goudé ne voit pas la couleur du temps. C’est donc à juste titre que son avocat insinue que son client est soumis à une torture morale. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Blé Goudé subit une véritable torture morale qui peut le conduire à une mort lente. Le traitement inhumain infligé au président du Cojep tend finalement à accréditer la thèse défendue par la défense selon laquelle Blé Goudé n’a pas passé de deal avec le pouvoir pour rentrer en Côte d’Ivoire.

Quel est ce deal dans lequel celui qui devrait en être le bénéficiaire accepterait de subir un tel traitement inhumain ? A moins que Blé Goudé ne soit un maso. Par contre, le traitement inhumain qui lui est fait met de l’eau au moulin de ceux qui soutiennent que Blé Goudé a été victime d’un enlèvement. Mais ce qui est inquiétant, c’est le silence complice de la communauté internationale face à la torture qu’on fait subir à Blé Goudé. On ne comprend surtout pas le silence de la Cellule des Droits de l’Homme de l’Onuci.

Et pourtant ancien président de la jeunesse patriotique et ancien ministre, Blé Goudé est aujourd’hui un leader politique. C’est donc une personnalité qui compte dans ce pays. Et c’est quand le pire va arriver qu’on va demander la mise sur pied d’une commission d’enquête dont on ne connaîtra d’ailleurs jamais les résultats. C’est peut-être la meilleure manière d’amener les Ivoiriens à se réconcilier.

Boga Sivori

AfricaPresse.com

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