Energie: Des investissements en cours en zone CEMAC

Chaque pays de la sous-région développe un ensemble de projets pour améliorer son offre en électricité.

Energie: Des investissements en cours en zone CEMAC

Selon le « Schéma directeur de l’énergie » dont il s’est doté, le Tchad ambitionne de réaliser un certain nombre de projets pour renforcer son offre en énergie. Au rang des projets cités, on note la «réhabilitation des réseaux électriques de la ville de N’Djamena, la construction d’une centrale électrique de soixante mégawatts (60MW), la construction de la ligne haute tension de soixante-six kilovolts de Djermaya à N’Djamena ». L’électrification périurbaine intensive pour 12 500 branchements et un projet d’interconnexion Tchad-Cameroun sont cités par le ministère du Pétrole, des mines et de l’énergie. 
A côté de ces projets qui sont «en cours de réalisation», le pays d’Idriss Déby Itno se penche aussi sur son potentiel en énergie renouvelables. Un forum sur l’énergie tenu en 2012 a permis de mesurer le potentiel du Tchad. Le soleil brillerait entre 2750 et 3250 heures par an, donnant lieu à 4 à 6

KW/h par mètre carré et par jour. Fort de ce potentiel, une quarantaine de localités a été électrifiée grâce à des systèmes photovoltaïques.  
C’est davantage dans ses ressources que le Gabon va puiser pour améliorer son système énergétique. Dans le volet infrastructures énergétiques du Plan Stratégique Gabon Emergent (PSGE), 17 projets sont inscrits. Six pour la production d’électricité, quatre pour le transport et sept autres relevant soit de l’extension du réseau, soit de la construction des réseaux interconnectés. Dans l’agenda d’Ali Bongo Ondimba, on cite deux nouvelles centrales à Alénakiri (70MW), Port-Gentil (105MW). Et trois barrages : Ngounié (70MW), Woleu-Ntem (52MW) et Grand Poubara (240MW). L’objectif derrière ces projets est de faire passer la production du Gabon de 390MW à 1200 MW en 2016.
En attendant, les Gabonais peuvent déjà profiter des retombées d’autres travaux, liés à l’extension de plusieurs réseaux haute et basse tensions et à l’exemple de ceux de Bel-Air à Libreville, Montalier, Bikele, Kessi. On cite aussi l’extension du poste d ’Ambowé et la construction de celui d’Angondjé.  

Intensifier le réseau électrique 

Le Congo attend impatiemment le barrage de Chollet, dans le nord du pays. C’est 600 MW en plus qui sortiront de cette infrastructure pour environ 700 millions de dollars. Il s’agit d’un projet d’inter connexion entre le Cameroun et le Congo. Un protocole d’accord pour sa construction a d’ailleurs été signé en mars 2015 par les ministres en charge des questions d’énergie des deux pays.  Les travaux ne sont cependant pas attendus avant quelques années. D’autres  projets envisagés au Congo visent à doubler le réseau électrique pour le porter à 1500 km afin de couvrir la plupart des grandes villes du pays. 
Le barrage d’Imboulou est aussi l’un des projets récemment achevé au Congo. Inauguré en 2011, il a une capacité de 120 MW et a coûté 170 milliards de F CFA. A côté de ce barrage, sept postes de très haute tension sont sortis de terre dans les localités de Djiri, Ngo, Gamboma, Oyo ou Boundji. Tous ces postes ont permis l’extension de 841 Km de nouvelles lignes aériennes, qui se sont ajoutées au 741 qui existaient depuis l’indépendance du pays. 
En Guinée Equatoriale,  la centrale hydroélectrique de Djibloho sur le fleuve Wele a une capacité de 120MW. Elle va combler environ 90% des besoins en électricité de la région continentale.  Aussi attendue par les Guinéens, une autre centrale hydroélectrique toujours sur le fleuve Wele, près de Sendjé. Elle aura une capacité de 200 MW et est destinée à  favoriser le développement industriel de Rio Muni.  Dans la localité d’Annobon, le gouvernement équato-guinéen a lancé un projet d’énergie solaire. Il s’agit d’un complexe solaire qui produit des panneaux de 5 MW pouvant être portés à 10 MW. Ce projet est présenté comme l’un des plus grands dans le domaine de l’énergie solaire en Afrique subsaharienne.

Trois barrages au Cameroun

Au Cameroun, les autorités ont engagé la matérialisation du plan de développement du secteur des énergies. Plusieurs projets ont donc vu le jour ces dernières années, avec la centrale  à fuel lourd de Yassa (86 MW) et celle à gaz de Kribi (216 MW). Des infrastructures construites pour réduire le déficit en énergie du pays, ainsi que les délestages, en attendant la mise en fonction des trois barrages en construction. Le premier est : le barrage réservoir de Lom Pangar avec une capacité de retenue d’eau de six milliards de m3 pour réguler le fleuve Sanaga, et booster ainsi la production électrique des barrages de Songloulou et d’Edéa de 120 à 200 Mw supplémentaires d’électricité. Est également associé au projet LomPangar, une usine sur pied d’une capacité de 30 Mw d’électricité pour alimenter la région de l’Est. Le second est, le barrage hydroélectrique de Memve’ele (201 MW), l’électricité qui sortira de là est destinée, non seulement au réseau interconnecté Sud du Cameroun, mais aussi à la Guinée Equatoriale. Le troisième est  le barrage hydroélectrique de Mekim (15 MW). Sa production sera essentiellement destinée au département du Dja et Lobo.  A côté de ces ouvrages hydroélectrique en cours, il y’a un autre annoncé : la construction du barrage de Nachtigal (420 MW). Le début des travaux est prévu pour 2016, ils seront réalisés par un consortium mené par EDF France,  qui a signé un accord-cadre avec le gouvernement camerounais le 03 novembre dernier. Des projets qui, menés à terme permettront d’ici à 2021 de doubler la capacité de production de l’énergie électrique du Cameroun, qui est aujourd’hui de l’ordre de 1300 Mw. Toujours dans la perspective d’améliorer l’offre en énergie du pays, il a été créé le 09 octobre dernier une société nationale de transport de l’Electricité (la SONATREL). Elle aura en charge de densifier les lignes de transport de l’électricité et de remettre à niveau celles existantes, afin que l’électricité produite dans les centrales arrive effectivement auprès des consommateurs. Parce que selon Jean Pierre Ghonnang Zekeyo, Directeur de l’électricité au ministère de l’eau et de l’énergie : « plus de 30% de l’électricité produite au Cameroun se perd dans le transport, seulement 4000 localités sur les 13 000 que compte le Cameroun sont en ce moment ravitaillées en électricité ».  
Bien qu’en proie à une instabilité qui dure depuis plusieurs années, la République Centrafricaine ne désespère pas d’améliorer sa capacité de production en électricité. En septembre dernier, la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC) a rouvert le dossier de financement d’une centrale hydraulique sur les chutes de Ndimoli, dans la localité de Nola, à l’ouest du pays.  Il s’agit d’un projet sous régional qui vise à fournir 200 MW d’énergie à des villes camerounaises, centrafricaines et congolaises. Ce sera une vraie interconnexion de ces trois Etats de la CEMAC. 

Rodrigue Nganzi @237 online.com

 

 

 
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