Desmond Tutu appelle les leaders africains à ne pas quitter la CPI

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 Le prix Nobel de la paix sud-africain Desmond Tutu a exhorté les pays africains à ne pas quitter la Cour pénale internationale (CPI), disant que cela ferait du monde "un endroit plus dangereux", accusant le Kenya et le Soudan.

Dans une pétition en ligne intitulée "Qui arrêtera le prochain génocide?", l'ancien archevêque anglican a noté que dans sa vie, il avait vu "de grands gains pour protéger le faible contre le fort". 999999 "Mais en seulement deux jours de temps, les dirigeants africains pourraient tuer une grande institution, faisant du monde un endroit plus dangereux", affirme Tutu, 82 ans.

L'Union africaine doit débattre à partir de vendredi d'un éventuel retrait de la CPI, pour dénoncer un acharnement du tribunal de La Haye contre l'Afrique.

Desmond Tutu a notamment appelé l'Afrique du Sud et le Nigeria, deux poids lourds du continent, à soutenir la CPI, les exhortant à "prendre la parole et faire en sorte que les persécutés soient protégés par la CPI".

La CPI est le premier et seul tribunal mondial pour juger les crimes contre l'humanité, a rappelé le prélat.

"Mais les dirigeants du Soudan et du Kenya, qui ont infligé la terreur et la peur dans leur pays , tentent de faire sortir l'Afrique de la CPI, ce qui leur donnerait la liberté de tuer, de violer, et d'inspirer la haine sans être inquiétés. "

La pétition est adressée au président sud-africain Jacob Zuma et à son homologue nigérian Goodluck Jonathan.

"Nous vous appelons à mener la lutte contre les crimes contre l'humanité et maintenir l'Afrique dans la CPI", dit le texte.

Depuis sa création, la CPI a inculpé une trentaine de personnes pour des crimes survenus dans huit pays d'Afrique: République démocratique du Congo, Centrafrique, Ouganda, Soudan (Darfour), Kenya, Libye, Côte d'Ivoire, Mali.

L'UA a demandé en mai l'abandon des poursuites contre les dirigeants kényans fraîchement élus. La CPI a malgré tout entamé le procès du vice-président William Ruto et refusé de reporter celui du président Uhuru Kenyatta, prévu en novembre.

Les deux hommes sont poursuivis pour leur rôle présumé dans les violences politico-ethniques qui avaient suivi la précédente présidentielle kényane de fin 2007, durant lesquelles plus de 1. 000 personnes étaient mortes.

Quant au président soudanais Omar el-Béchir, il fait l'objet de mandats d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide dans le conflit du Darfour, une vaste région de l'ouest du Soudan.

Au total, 34 pays africains ont ratifié le Statut de Rome, fondateur de la CPI.

AFP

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