Crise centrafricaine: Les frontières camerounaises sous contrôle à l’Est

La crise qui secoue actuellement la République centrafricaine voisine à la région de l’Est Cameroun, ne laisse pas indifférentes les autorités administratives de cette partie de notre pays, au regard des débordements qu’elle peut enfanter notamment avec le déplacement massif des populations en terre camerounaise. Pour éviter les incommodités que l’on a connues par le passé, le gouverneur Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, au cours d’un dîner de presse tenu samedi 5 janvier 2013, dans sa résidence au quartier Kpokolata à Bertoua, a été plutôt rassurant quant à la stratégie déjà mise en place pour manager la situation. « Nous avons élaboré un plan Orsec (Organisation de secours, ndlr).

Nous devons être proactifs. Si aujourd’hui, nous avons un afflux de réfugiés centrafricains, le sous-préfet de Garoua-Boulaï, le préfet du Lom-et-Djerem et moi avons déjà ciblé un site pour leur accueil. Nous avons également mis sur pied des scénarii d’orientation et de filtrage de manière à ce qu’avec le concours du Hcr, nous puissions canaliser ces personnes. Pour autant, dire que le site d’accueil est trouvé ne signifie pas que nous procèderons à la vente de cette parcelle de notre territoire. Nous voulons seulement mettre ce site à la disposition de personnes en détresse dans l’attente de leur recasement par les instances commises à cet effet. » Côté sécuritaire, rassure le gouverneur de l’Est à la presse, « toutes les mesures sont prises pour sécuriser notre territoire.

Pour tout dire, Garoua-Boulaï est mieux sous contrôle que lorsque quelques rebelles y venaient expérimenter leurs techniques de maniement des armes. Vous vous imaginez bien que les mêmes dispositions sont prises dans les autres localités de la région de l’Est frontalières avec ce pays voisin à savoir Gari-Gombo dans la Boumba-et-Ngoko et Kentzou dans la Kadéy même s’il est vrai que de ce côté-là, nous avons toujours entretenu de très bonnes relations avec les Centrafricains ». Du côté de Gari-Gombo, ville située à 250 km de Bertoua justement, la fermeture de la frontière avec la Rca depuis 2008, a été consécutive à une incompréhension entre autorités administratives des deux pays au sujet d’un marché de reprofilage du tronçon routier Gari-Gombo-Kouneng (en Rca), financé par le Fonds routier du Cameroun à hauteur de 59.142.297 FCfa Ttc, et exécuté par la société Aztec, dans le cadre du programme d’entretien courant et périodique des routes rurales du réseau prioritaire.

Prudence

Malgré les appels des populations et autorités communales locales d’une part, et des autorités centrafricaines d’autre part, la frontière avec la Rca reste toujours fermée. Cependant pour sa réouverture indique le gouverneur de l’Est, «nous devons éviter une décision unilatérale qui pourrait choquer l’une ou l’autre partie. Ce d’autant plus que, cette question est régulièrement examinée par les membres de la commission mixte Cameroun-Rca.

En plus, la décision de rouvrir une frontière n’est pas du domaine d’une autorité administrative que je suis, mais de celui du chef de l’Etat». Notons à ce point qu’il a été créé entre le Cameroun, le Congo-Brazzaville et la Rca une commission dite de la tri-nationale de la Sangha. Il s’agit de façon spécifique pour cette structure, de sécuriser le secteur forestier et faunique commun à ces trois Etats. En clair, il est question de lutter efficacement contre le braconnage et le trafic illicite des armes à feu. Car régulièrement dans ce secteur, les éco-gardes camerounais ont souvent été agressés par des braconniers bien armés venant de la Rca.

Après les secousses du mois de septembre 2012 et la remise au Cameroun des otages capturés par les Centrafricains, l’indicateur de cette maîtrise de la sécurité transfrontalière par le Cameroun selon Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, « est le renforcement de la présence de nos forces spécialisées le long de ces frontières. Sur instructions de la haute hiérarchie, nous y avons triplé nos effectifs. Pour optimiser notre déploiement et cibler nos interventions, nous avons défini une stratégie basée sur la maîtrise et l’échange des informations entre nos unités spécialisées».

Ange-Gabriel OLINGA B. (Correspondance particulière)

Le Messager

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