Comment les services marocains ont sauvé Paris d’un autre attentat

Après les attentats meurtriers du vendredi 13 novembre, Paris allait être la cible d’une autre tuerie aveugle. Les services de renseignement marocains ont livré de précieuses informations à leurs homologues français pour débusquer le commando terroriste de Saint Denis.

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Le Lundi 16 novembre au matin dans les locaux de la Direction Générale des Etudes et de Documentation à Rabat, c’est la stupeur. Les responsables de l’espionnage marocain n’en reviennent pas. Les informations qui tombent depuis le weekend sont alarmantes. Elles proviennent de Belgique, de Hollande et d’Espagne et semblent toutes indiquer que le carnage du vendredi 13 n’était que le début d’une série d’attentats sans précédent qui devraient encore frapper l’Europe, et principalement Paris. L’heure est grave. Toute erreur pourrait se payer cash. Tout retard également. Des dizaines de morts, voire plus. Le scénario catastrophe tant redouté par la communauté internationale du renseignement est en train de se réaliser. Et il aura pour terrain Paris.

Le Maroc aux avant-postes

 

En effet, selon les informations en possession des Marocains, le tête pensante des attentats de vendredi le belge Abdelhamid Abaoud est toujours dans la capitale française et se prépare à lancer de nouveaux commandos contre des cibles « commerciales ». C’est une véritable course contre la montre qui s’engage. Tous les réseaux sont sollicités… les « indicateurs belges » de la DGED sont particulièrement actifs. Cela fait une décennie que Rabat surveille étroitement les réseaux jihadistes dans le Benelux. Cela a même causé à maintes occasions des coups de froids entre le royaume et le couple Pays Bas-Belgique. Amsterdam et Bruxelles regardaient d’un mauvais œil l’activisme des services marocains sur leur territoire, quand Rabat se plaignait du laxisme sécuritaire de ces deux pays.

Mais en ces moments cruciaux, les reproches sont rangés aux placards. La Belgique confirme la « piste Abaoud » que les Marocains tiennent depuis le début. A Paris, les téléphones trouvés après la tuerie de vendredi et les écoutes livrent quelques secrets et confortent les informations transmis par le Maroc. Selon plusieurs sources, certains prêcheurs radicaux d’origine marocaine, très actifs dans les quartiers de Bruxelles et qui sont « marqués à la culotte » par le royaume chérifien, livrent à leurs insu des informations capitales.

Le mardi 17 novembre dans la journée, les choses se précisent. Les Marocains transmettent à leurs amis français une information capitale. Le commando qui s’apprête à entrer en action est décidé et lourdement armé. Il a élu domicile à Saint Denis, non loin de l’un des funestes théâtres des attentats qui ont fait 132 morts.  De leurs côté, les Français ont également énormément avancé. Il n’est plus question d’attendre. Une intervention doit être menée le plus rapidement. Il n’est pas question de le faire en pleine journée. Cela risque de mettre en péril plusieurs vies et ôterait l’effet de surprise aux forces de police. Peu de gens sont mis dans la confidence. Même le président n’est mis au courant qu’à l’heure H. L’opération est une réussite. Elle a permis de déjouer un « méga-attentats » qui aurait fait selon des sources bien informées plus de morts que ceux du vendredi dernier.

© mondafrique.com : Karim Douichi
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