Clandestins : La France met la pression sur les consulats africains pour la délivrance des laissez-passer

 

La France va mettre des pressions accrues sur les consulats qui rechignent à donner des laissez-passer indispensables à l'expulsion des clandestins dont les nationalités ont été identifiées. Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, l'a fait savoir durant la conférence des ambassadeurs français, qui s'est tenue entre le 31 août et le 2 septembre dernier.La délivrance des laissez-passer consulaires préoccupe le ministre de l'Intérieur français en charge de l'immigration.

Claude Guéant l'a fait savoir aux ambassadeurs français qui se réunissaient en conférence, tenue entre le 31 août et le 2 septembre dernier. Il a indiqué aux ambassadeurs que pour l’éloignement des étrangers, les autorités françaises sont ‘tributaires de la bonne volonté des pays d’origine -, souvent proches (...) politiquement [de la France] - à délivrer des laissez-passer consulaires’. Il a essayé de faire comprendre aux diplomates français que ‘cette affaire de laissez-passer consulaires n’est pas une question subalterne’.

‘C’est une question importante, car elle conditionne au moins en partie l’efficacité de notre effort pour limiter l’immigration clandestine’, semble-t-il déplorer. Alors pour venir à bout de ce goulot d'étranglement qui ralentit, voire diminue le nombre d'expulsion, Claude Guéant a fait savoir que son ministère et celui des Affaires étrangères ont mis en place un plan pour contrecarrer les consulats africains qui rechignent à donner les laissez-passer. Un plan spécifique à ce sujet a été mis en place par nos deux départements ministériels, qui vise notamment à exercer ce qu’il faut bien appeler des pressions sur un groupe de huit pays prioritaires’, informe Guéant. Il s'agit du Mali, de la République démocratique du Congo, Congo-Brazzaville, de l'Angola, de la Mauritanie, du Pakistan, du Bangladesh et du Sénégal. Pour avoir la chance d'obtenir le laissez-passer, les autorités françaises avaient allongé la durée d'attente dans les centres de rétention de 32 à 45 jours. Le refus de délivrer le fameux sésame à temps est responsable de l'échec des procédures d'éloignement. Ce qui représente le tiers des 100 mille immigrés irréguliers à expulsés.

‘Clairement les résultats, pour l’instant, ne sont pas au niveau de nos attentes. Sans doute faudra-t-il par conséquent insister encore’, a fait savoir le ministre de l'Intérieur français. Qui dit attendre des ambassadeurs qu'ils remplissent ‘deux tâches précises en matière d’immigration’. ‘En premier lieu, appliquer avec une rigueur totale les instructions que vous avez reçues s’agissant de délivrance des visas, de maîtrise raisonnée de l’immigration légale, d’obtention des laissez-passer consulaires ; le gouvernement souhaite que vous vous y impliquiez personnellement ; en second lieu, apporter une contribution qui ne peut être que déterminante au rôle que notre pays doit jouer pour assurer à l’avenir une meilleure régulation des flux migratoires dans le cadre des instances internationales existantes ou à mettre en place’, avance Claude Guéant. Pour rappel, la France accueille chaque année 200 mille étrangers, mais envisage une réduction de 20 mille personnes sur un an. C'est dans ce cadre, en relation avec Claude Guéant, que le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a divisé ‘par deux le nombre des métiers dits ‘en tension’. C’est-à-dire pour lesquels l’accès à la main d’œuvre étrangère est objectivement possible sans déséquilibrer le marché du travail’.

© Walfadjiri : Moustapha BARRY

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Date de dernière mise à jour : 13/05/2012