Centrafrique: Bozizé s´enfuit en Rd Congo

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Les rebelles, entrés samedi dans la ville, ont pris le palais présidentiel, abandonné par le président Bozizé qui se serait enfui vers le Congo. La France a demandé une réunion d'urgence du comité de sécurité de l'ONU.

De source proche de l'administration du palais présidentiel centrafricain, le président Bozizé a quitté Bangui pour gagner la RDC. L'assaut de la rébellion a commencé très tôt ce dimanche à 6h30 GMT, vers le centre-ville. Les échanges de tirs se sont intensifiés une heure plus tard avant de devenir sporadiques vers 8h00 GMT. "Nous avons pris le Palais présidentiel. Bozizé n'y était pas. Maintenant, nous allons nous rendre à la radio (nationale) pour que le président du Séléka [Michel Djotodia] prenne la parole", a déclaré le colonel Djouma Narkoyo.

A Bangui, écoles et commerces ont fermé leurs portes dès vendredi. Des habitants ont cherché à traverser le fleuve Oubangui pour gagner la République démocratique du Congo mais la majorité de la population se terre chez elle.

Le président Bozizé était en fait revenu vendredi après-midi de sa visite en Afrique du Sud. La situation paraissait déjà suffisamment grave vendredi soir pour que la France demande là encore une réunion du Conseil de sécurité. Paris avait placé en état d'alerte ses troupes stationnées à Libreville. Mais le gros des forces tricolores mène actuellement la guerre au Mali. «Si nous sommes présents en Centrafrique, avait, en fin d'année dernière, déclaré François Hollande, ce n'est pas pour protéger un régime, c'est pour protéger nos ressortissants et nos intérêts et en aucune façon pour intervenir dans les affaires intérieures d'un pays.»

Le porte-parole diplomatique de l’Élysée a également appelé les quelque 1 200 ressortissants français à "rester chez eux", une évacuation n'étant pas "pour le moment" ordonnée. Les rebelles avaient lancé une première offensive le 10 décembre dans le nord du pays et enchaîné des victoires face aux forces gouvernementales désorganisées avant de stopper leur progression sous la pression internationale à 75 km au nord de Bangui.

Des accords de paix signés à Libreville le 11 janvier avaient débouché sur la formation d'un gouvernement d'union nationale composé du camp Bozizé, de l'opposition et de la rébellion. Mais arguant du non respect des accords par le clan Bozizé, les rebelles ont déclenché à nouveau les hostilités vendredi et déclaré vouloir mettre en place un gouvernement de transition s'ils prenaient Bangui.

Au pouvoir depuis dix ans, le président centrafricain n'est plus apparu en public depuis jeudi.

© camer.be avec Afp

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