Cameroun - Pere Georges Vandenbeusch - Boko Haram: «Des petits gars extrêmement sympas»

Dans une interview, le prêtre essaie de dresser le profil de ses ravisseurs. Le Pere Georges au Palais de l'Unite, apres sa liberation Le 5 janvier 2013, le prêtre de nationalité française, détenu pendant un mois et demi par la secte islamiste Boko Haram, a célébré sa première messe à la cathédrale de Nanterre en France.

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S'exprimant ce même jour sur les ondes de radio Vatican, le père Vandenbeusch a livré quelques informations sur le profil de ses ravisseurs. A la question de savoir s'il a pu cerner, malgré l'impossibilité de communiquer, les traits de ces gens-là, le prêtre a répondu: «Malheureusement non». Et de poursuivre: «C'est très énigmatique. Je pensais à la même chose, c'est-à-dire à la banalité du mal. Ceux qui m'ont enlevé, des petits gars extrêmement sympas, des gars qu'on pourrait voir partout dans le monde, des jeunes comme beaucoup d'autres. Mais voilà, eux sont sympas avec moi, mais prêts à tuer des tas de gens, ça, c'est très énigmatique. Ça, je n'arrive pas comprendre. Et puis, ce ne sont pas des diables, ce ne sont pas des gens avec des dents crochues, le visage haineux, des griffes. Ce sont des petits gars comme ceux de chez moi». Et le prêtre de se lâcher. «Il y a une certaine forme de banalité finalement chez ces gens-là, qu'on peut présenter dans les médias sous un autre visage.

Ils ne sont pas terrorisants, ils sont comme n'importe quel jeune. Dans nos têtes, ils prennent toujours cette idée que ce sont des monstres. On emploie le mot, mais en fait la monstruosité est tellement plus complexe, tellement invisible. Je dis ça sans aucun syndrome de Stockholm. Mais c'est ça la réalité du mal partout. C'est ça qui doit aussi nous rendre vigilants. Je le dis comme cela, comme un appel à la vigilance, à l'attention, parce qu'on pourrait croire que si le mal est monstrueux, on saurait le reconnaître, le voir et s'en préserver. Eh bien non!», a expliqué le religieux. Le père Vandenbeusch a, selon son témoignage, essayé d'entrer en communication avec ses ravisseurs pendant sa détention.

«J'aurais bien parlé avec eux. On a pu une seule fois, avec l'un d'entre eux, dans un mauvais anglais, parler cinq-dix minutes et nous dire pourquoi ils faisaient cela, leur cause, etc. II était assez maladroit dans son anglais, ce n'était pas facile», explique l'ancien curé de la paroisse de Nguétchéwé. Pour l'heure, le prêtre souhaite reprendre le plus vite possible sa vie au service de Dieu. Ses affaires sont toujours à sa paroisse. de Nguetchewé, a-t-il souligné. Pour finir, le prêtre est allé jusqu'à fournir des informations sur sa tenue vestimentaire du jour le pantalon, c'est un cadeau de la République française et les sous-vêtements, de la République du Cameroun. Les chaussures, un emprunt au curé de la cathédrale de Nanterre», détaille-t-il.

© DAVID WENAI | L'Oeil du Sahel

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