CAMEROUN - FRANCE - OTAGES FRANÇAIS : LAURENT FABIUS CHEZ PAUL BIYA

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Le ministre français des Affaires étrangères annonce qu'il sera en visite au Cameroun et au Nigeria cette semaine

C’est une première depuis sa nomination dans le gouvernement du président français, François Hollande. Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères sera en visite au Cameroun cette semaine.

C’est lui-même qui l’a clairement indiqué en fin de semaine dernière. «Je me rendrai la semaine prochaine au Nigeria et au Cameroun pour voir les deux présidents », a déclaré le ministre des Affaires étrangères sur Rtl, une chaine de radio française. L’objet de cette visite porte sur les sept otages français enlevés le 19 janvier 2013 à Dabanga dans la région de l’Extrême-Nord par les éléments de la secte islamiste Boko Haram.

Cette visite du ministre français des Affaires étrangères intervient à un moment où les autorités camerounaises ont été largement critiquées par des autorités françaises et nigérianes pour leur gestion de l’enlèvement des français. Car la France s’inquiète de l’impact d’une absence de collaboration entre le Cameroun et le Nigéria sur le sort des otages. Ceci d’autant plus que les autorités nigérianes n’ont jamais mentionné une collaboration avec les services de sécurité camerounais pour retrouver les otages. Préférant plus tôt mettre en évidence les services secrets britanniques et français.

S’agissant justement de la participation de la France dans cette opération, Laurent Fabius a indiqué que «les services de l'Etat sont mobilisés» pour parvenir à la libération des otages, a-t-il répété, ajoutant que la France travaillait avec «détermination et discrétion». Mais le 6 mars dernier, ce responsable du parti socialiste français a rencontré les proches de la famille. «J’ai confirmé aux familles notre détermination totale pour parvenir à la libération de leurs proches», a déclaré Laurent Fabius dans un communiqué. «Cette rencontre a permis de les tenir informées des éléments dont nous disposons et des efforts engagés pour que les otages puissent être libérés», ajoute le ministre, en précisant qu’il s’agit d’«indications confidentielles ». « Tout est fait pour obtenir la libération des otages et leur retour en France aussi vite que possible», conclut Laurent Fabius.

Laurent Fabius devrait au cours de sa visite rencontrer le chef de l’Etat camerounais, Paul Biya, qui ne s’est pas prononcé jusqu’ici sur le sort des otages, contrairement à ses homologues français et nigérians, et ce malgré la présence de forces spéciales françaises en territoire camerounais. Nul doute que le ministre français demandera une plus forte collaboration des autorités camerounaises.

Mais, il n’y a pas que la situation des otages qui pourrait faire l’objet des débats entre Laurent Fabius et les autorités camerounaises. La situation de Thierry Michel Atangana, détenu au secrétariat d’Etat à la Défense (Sed) devrait également de meubler les discussions. Ceci d’autant plus que le président français François Hollande a adressé au franco-camerounais une lettre, datée du 21 janvier, dans laquelle il l’assure de tout son soutien. «La France continuera de faire valoir au Cameroun le prix qu'elle attache à ce que votre cas bénéficie d'une attention particulière, en vue d'une issue rapide ».

Après le Cameroun, Laurent Fabius se rendra au Nigéria pour faire le pont avec Goodluck Jonathan. Ce dernier, en visite dans l’Etat du Borno (lieu où se trouverait les otages) le 8 mars dernier, il a affirmé : «Le gouvernement ne restera jamais assis à attendre que les insurgés prennent les armes et contrôlent une partie du pays», a-t-il déclaré, assurant que les autorités demandaient «toujours aux soldats de bien se comporter». Mais quelques semaines avant, interviewé sur la traque des ravisseurs par les forces spéciales nigérianes, il soulignait : «Nous savons dans quelle région ils sont détenus, mais ils sont entre les mains de terroristes qui peuvent avoir recours aux attentats-suicide. Nous avons déjà l'expérience amère où nous avons tenté de libérer des otages, et quand les ravisseurs ont su qu'ils ne pourraient pas s'échapper, ils se sont retournés vers les otages et les ont tués. Donc nous sommes limités mais nous ferons tout ce qui est humainement possible pour protéger la vie de ces personnes. Nous travaillons très dur avec les services de sécurité britanniques, français et d'autres encore, sur l'endroit où ils sont détenus, pour pouvoir les libérer».

© Mutations : BORIS BERTOLT

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