Blaise Compaoré parle : «Je ne suis ni un ange ni un démon »

Installé dans la villa des hôtes de Yamoussoukro, en Côte d’ivoire, l’ancien président du Burkina Faso s’est confié à Jeune Afrique.Et c’est pour dire qu’il est «conscient du fait qu’après trente ans de vie politique harassante, (il a) fatigué…».

Blaise compaore

 

Selon lui, son sort était scellé et il le savait. «Nous savions depuis longtemps qu’une partie de l’opposition était en relation avec l’armée. L’objectif : préparer un coup d’État», raconte-t-il. «Parlement ou référendum, pense-t-il, cela n’aurait rien changé, car ils n’auraient guère dévié de leur plan initial, la prise du pouvoir par la force». Seulement, il ne voulait pas laisser le pays comme ça, sans organiser la suite. C’est ainsi que lorsque le 30 octobre, des manifestants sont arrivés devant les grilles du palais de Kosyam, Blaise Compaoré a accepté de recevoir trois de leurs émissaires. Ces derniers exigent sa démission immédiate.

Réponse de Blaise : «Je peux bien partir, mais pas dans ces conditions. Je suis le président élu et je dois organiser la suite des événements pour éviter le chaos». Une réponse qui n’enchante pas les émissaires. Mais le président est bien protégé par les membres du Régiment de la sécurité présidentielle (Rsp), qui ont le doigt sur la gâchette de leurs fusils d’assaut. «J’ai senti que le régiment allait tirer, on était à deux doigts de la catastrophe.

Je me suis dit “OK, stop », raconte Blaise Compaoré dans «Jeune Afrique». En ce moment, il savait que la France avait fini d’organiser son exfiltration depuis la route de Pô pour Yamoussoukro. Un convoi d’une trentaine de véhicules encadrés par des pick-up lourdement armés du Régiment de la sécurité présidentielle (Rsp) quitte le Palais. Blaise abandonne ainsi le pouvoir, accompagné de son épouse Chantal et se retrouve quelques heures plus tard au pays d’Alassane Ouattara. Aujourd’hui, il ne regrette rien. «Je ne suis ni un ange ni un démon. Ils voulaient que je parte, je suis parti. Si le pays va mieux, et c’est tout ce qui m’importe, ils auront eu raison. L’Histoire nous le dira», dit-il. Source : JeuneAfrique

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