Benoît XVI promet son "obéissance inconditionnelle" à son successeur

Le pape Benoît XVI a promis jeudi son "obéissance inconditionnelle" à son successeur, lors d'une cérémonie d'adieu aux cardinaux dans la prestigieuse Salle Clémentine du Vatican.

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Le pape Benoît XVI a promis jeudi son "obéissance inconditionnelle" à son successeur, lors d'une cérémonie d'adieu aux cardinaux dans la prestigieuse Salle Clémentine du Vatican. "Parmi vous se trouve le prochain pape, auquel je promets déférence et obéissance inconditionnelles", a-t-il déclaré dans une brève déclaration à quelques heures de la prise d'effet de sa démission historique, en ajoutant qu'il serait proche d'eux "par la prière" lors du prochain conclave.

Joseph Ratzinger a reparlé de "moments très beaux et de moments où il y a eu quelques nuages dans le ciel", pendant les huit ans de son pontificat, faisant allusion aux scandales nombreux qui l'ont émaillé.

Portant sur les épaules la mosette (courte pèlerine) rouge bordée de fourrure blanche, il a souhaité que les cardinaux soient "un orchestre" dont "les diversités concourent à l'harmonie" de la réalité plus élevée de l'Eglise. Il a exprimé ses remerciements pour "la proximité", "les conseils" et la "grande aide" qu'ils lui ont procurés. Il les a invités à être "dociles" à l'Esprit Saint.

"Nous avons donné de l'espérance, qui venait du Christ" au monde pendant ces huit années, a-t-il ajouté. Le pape a tenu à exprimer "ce qui lui tenait particulièrement à coeur": que "l'Eglise n'est pas une institution mais une réalité vivante", et que "son coeur est le Christ (...) et le Christ continue à cheminer dans le temps". L'Eglise "est dans le monde mais n'est pas du monde", a-il encore ajouté.

Assis sur des fauteuils en face de lui, les princes de l'Eglise avaient le visage grave. Ils se sont ensuite levés pour aller le saluer. Quelques cardinaux étaient courbés par l'âge ou en fauteuil roulant. Beaucoup pleuraient ou étaient au bord des larmes, en baisant l'anneau papal, en lui serrant les mains et en échangeant quelques mots. Le pape était arrivé dans la Salle Clémentine à petits pas, les traits tirés par la fatigue, et s'était assis sur un petit trône doré recouvert de velours rouge. Il pouvait voir en face de lui une superbe fresque montrant la barque de l'Eglise dans la tempête. Thème auquel il a fait allusion devant 150.000 fidèles, mercredi, lors de ses adieux sur la place Saint-Pierre.

Le doyen du Sacré collège, le cardinal Angelo Sodano, lui a rendu hommage: "avec une grande fébrilité, les pères cardinaux présents à Rome se rassemblent aujourd'hui autour de vous, pour vous manifester encore une fois leur profonde affection pour votre témoignage d'abnégation dans le service apostolique, pour le bien de l'Eglise du Christ et de l'humanité entière".

L'ancien bras droit de Jean Paul II a remarqué: "Vous vous apprêtez à nous laisser, en attendant que le gouvernail de la barque de Pierre passe en d'autres mains. La continuité apostolique se poursuivra, celle que le Seigneur a promis à son Eglise". Le pape doit renoncer à sa charge à 19H00 GMT.

© 2013 AFP

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